Accès aux soins en zone rurale : la fin du téléphone passe mal

Alors que plus de la moitié des communes wallonnes font face à une pénurie de médecins généralistes, la suppression de la rémunération des téléconsultations par téléphone inquiète. Le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, plaide pour des alternatives encadrées, tout en reconnaissant qu'il n'existe pas de solution miracle face à la désertification médicale.

En Wallonie, les chiffres parlent d'eux-mêmes : sur 252 communes, 132 sont aujourd'hui considérées comme étant en pénurie de médecins généralistes. Cette raréfaction médicale frappe particulièrement les zones rurales, où trouver un médecin traitant relève parfois du parcours du combattant.

Dans ce contexte, la téléconsultation apparaît comme une béquille essentielle. Pourtant, comme l'a soulevé le député Eddy Fontaine (PS) en commission, l'INAMI a mis fin, depuis le 15 février 2025, à la rémunération des médecins pour les consultations par téléphone. Si les consultations vidéo restent remboursées (avec obligation d'appliquer le tiers payant), cette évolution fait craindre une aggravation de la fracture numérique pour les patients âgés ou isolés, d'autant plus que l'accès à Internet ou à la fibre reste insuffisant dans certaines zones.

Le modèle italien comme source d'inspiration ?

Interpellé sur le risque d'inégalités d'accès aux soins, Yves Coppieters a évoqué des pistes pour contourner la barrière technologique. Il cite notamment l'exemple de l'Italie, où la télémédecine s'appuie sur des relais physiques : le patient se présente dans un centre médical, et c'est une infirmière qui établit la visioconférence avec le médecin distant.

« Il est en effet pertinent que quelqu'un de compétent accompagne la patiente, le patient, pour voir comment elle ou il réagit », souligne le ministre, insistant sur l'importance de ne pas laisser un patient seul face à une mauvaise nouvelle ou à une incompréhension thérapeutique. Néanmoins, le ministre estime que la téléconsultation n'est pas « une solution miracle au problème de pénurie, mais comme une alternative qui peut être activée dans certaines circonstances nécessaires ».

Des mesures structurelles toujours en chantier

Pour s'attaquer à la racine du problème, le gouvernement wallon mise sur la continuité d'outils existants, comme le fonds Impulseo 1, qui soutient l'installation des jeunes médecins dans les zones critiques. Le modèle des Associations de santé intégrée (ASI), telles que les maisons médicales, est également encouragé, avec des interventions du fonds FEADER pour l'équipement en zones rurales.

En parallèle, un groupe de travail dédié à la « médecine générale » planche sur la révision des missions des cercles locaux et l'attractivité des stages pour les médecins assistants. L'objectif est double : faciliter l'installation définitive de ces jeunes praticiens dans les zones en pénurie et, surtout, s'assurer de leur rétention sur le long terme.

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Derniers commentaires

  • Paul DESSART

    21 avril 2026

    RETOUR sans condition à la télé-médecine. Depuis le COVID, de nombreux patients nous consultent par
    téléphone. Le médecin est capable de juger si une consultation doit se faire en présentiel ou non. Pas besoin
    d'ajouter une tierce personne à ce contact. Et il suffit d'interdire de faire des I.T.T. de plus de 3 jours ("certificats-
    dixit") pour éviter tout abus.
    Sinon les médecins vont dorénavant refuser tout contact par téléphone et imposeront un RDV pour n'importe
    quel motif?

  • Alain Pierson

    20 avril 2026

    Yves est toujours resté en COVID Long depuis la pseudo crise

  • Robin GUEBEN

    19 avril 2026

    Je suis médecin rural et je ne travaille qu'en communes dites en pénurie et je le dis : la téléconsultation ne servira à rien pour résoudre les problèmes. Comme je l'ai dit à Stijn Geysenbergh (lorsque la suppression a fait un tollé), la téléconsultation entraîne une concurrence de monopoles sur cette petite enveloppe budgétaire. Ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui ont bonne organisation comme les plateformes telles que Doktr ou ceux qui possèdent déjà un capital fort et bien établi dans le secteur intermédiaire (beaucoup de DMG).

    En période de guerre, ce sont les mercenaires qui s'en tirent le mieux. Si on considère le Covid comme une guerre, cette aubaine a été prise par beaucoup de médecins. Moi je commençais en 2020 mais un ami "bête MG" est devenu millionnaire en 2-3 ans.

    Alors je sais aussi qu'un certain syndicat souffle "téléconsultations" et "new deal" à chaque conférence et à l'oreille du ministre pour nourrir leurs propres intérêts corporatistes mais il faut arrêter de prendre les médecins ruraux en zone de pénurie comme prétexte parce que ça commence à m'énerver.