Un nouveau concept apparaît dans la réforme de la nomenclature : la Relative Value Unit (RVU). Le système vise à objectiver la valeur des actes médicaux sur la base du temps, de la complexité et du risque. Pour la consultation classique du médecin généraliste, une durée fixe de vingt minutes est envisagée. Une logique apparente, mais qui ne correspond pas à la réalité du terrain, estime le Dr Jos Vanhoof, président du Vlaams Artsensyndicaat (VAS) et administrateur de l’ABSyM.
Inspirées du modèle américain, les RVU sont une nouveauté dans le système de santé belge. Le Dr Vanhoof comprend l’ambition du modèle, mais craint que celui-ci ne reflète pas suffisamment le fonctionnement réel des cabinets. Il parle de « médecine de tableau Excel ». Une consultation, souligne-t-il, « n’est pas une cellule dans un tableur. Le contenu, le contexte et les besoins des patients ne peuvent pas être enfermés dans des paramètres prédéfinis ».
Son inquiétude majeure concerne la composante temporelle. « Si une consultation ne compte qu’à partir d’un seuil de vingt minutes, une limitation directe en découle. Moins de prestations par jour, moins de flexibilité et surtout une diminution de la capacité globale de soins. Cette capacité est déjà fortement sous pression aujourd’hui. L’imposition d’une durée minimale ne ferait qu’aggraver la situation. »
Le Dr Vanhoof avance dès lors une alternative jugée plus simple et plus praticable : prendre en compte la durée effective d’une consultation classique dès la première minute, jusqu’à un maximum de vingt minutes. « Cela évite d’obliger les médecins à atteindre une durée fixe tout en conservant une base réaliste pour la valorisation. Le généraliste reste libre d’adapter la consultation à la demande d’aide. Le système évite ainsi de freiner artificiellement le nombre de prestations. »
L’enjeu, selon lui, est clair : objectiver, oui, mais sans étouffer la pratique médicale. « Une nomenclature censée soutenir les médecins généralistes doit laisser de la place à la liberté thérapeutique, à la variabilité des plaintes et à l’imprévisible qui caractérise les soins. Les RVU peuvent être un instrument, mais seulement s’ils respectent la complexité de la profession au lieu de la réduire à une norme temporelle uniforme. »
Les discussions sur la réforme de la nomenclature se poursuivent depuis un certain temps au sein du groupe de travail Pour le Dr Vanhoof, un point est essentiel : « Si les RVU deviennent le nouveau compas, celui-ci doit être guidé par la réalité du cabinet, non par la logique d’une feuille de calcul. »









Derniers commentaires
Charles KARIGER
08 décembre 2025Le Grand Planificateur et Serviteur Public Farceur poursuit son entreprise idéologique d’industrialisation des soins .
Plutôt que de se consacrer à leur QUALITÉ, comme nombre d'entre eux sont incapables de distinguer une pneumonie d'un hochet coloré, certains de ses collaborateurs ne s'intéressent qu'à leurs nombres, leurs durées, l'endroit où ils ont dispensés, le genre de jour ou l'heure dans le but de FIXER DES PRIX QU'ILS POURRONT IMPOSER..
Au suivant, au suivant !
Tout nu, dans ma serviette, qui me servait de pagne
J’avais le rouge au front et l’savon à la main
Au suivant, au suivant
J’avais juste vingt ans et nous étions cent vingt
À être le suivant de celui qu’on suivait
Au suivant, au suivant
J’avais juste vingt ans et je me déniaisais
Au bordel ambulant d’une armée en campagne
Au suivant, au suivant
(J. Brel)
Philippe NOEL
06 décembre 2025Plus absurde que ça, tu (la MG) meurs ! Ni le patient ni le médecin ne sont des pièces d’usinage à travailler selon une productivité industrielle . Dix minutes suffisent à renouveler une ordonnance en prenant les réassurances nécessaires . Trois-quart d’heure sont parfois insuffisants pour faire le tour d’une problématique médicale complexe, ou d'un vécu psychologique en intégrant les données sociales, professionnelles, familiales, matérielles, ... Sans compter les procédures administratives et technologiques qui sont exagérement chronophages . Ne sommes-nous pas des artisans véritables de la santé de nos patients, avec la passion, la patience et la fierté d’une telle attitude ? Les politiques désincarnées sont incapables, malgré les paroles lénifiantes et à l'inverses leur rage normative émises par leurs auteurs, de percevoir et de maintenir la richesse réellement guérissante de la relation thérapeutique libre . Bien sûr, cet idéal n’est pas partagé par tous, mais faut-il pour la cause traiter le monde médical comme un troupeau inconscient et inconséquent ?
Dr Ph NOEL, MG retraité .
Catherine LE CLEMENT DE SAINT-MARCQ
05 décembre 2025les consultations deviennent de plus en plus longues, vu la complexité des données qu'il faut rechercher partout, plusieurs plateformes, plaintes des patients de plus en plus complexes si on se donne la peine de les écouter! La médecine en solo est devenue compliquée, le médecin devant jouer de secrétaire en plus de tout le reste, mise à jour des dossiers....
Pierre Nys
04 décembre 2025Cela devient de plus en plus pénible, de travailler en médecinse générale . J’ai des rendez-vous de 30 minutes et une consultation libre à la consultation libre. Je vais targuet à la cible. Une angine , un document administratif ne requiers pas 20 . Par contre une dépression, une hématurie , une toux qui traîne nécessite plus de temps .. si je pense que je dois prendre plus de temps pour poser un acte technique comme un POCUS . Je prendrai ce temps. Ras-le-bol de ces ukazes inepte s et debiles imposées sans aucune concertation avec le terrain. C’est méprisant et condescendant par rapport à nos compétences.
Et je persiste Istace en résistance devant cette ukaze debile et déshonorante de nôtre spécificité d omnipraticien.
Dans sept ans, je termine, je serai heureux de terminer, mais comme je plains les jeunes médecins de travailler dans ces conditions-là.. Et comme je plains , les futurs patients futures victimes d une Medecine, dépourvue d humanité.. de temps d écoute .. de sens humain
Freddy Piron
04 décembre 2025"Inspirées du modèle américain, les RVU sont une nouveauté dans le système de santé belge."
Les médecins américains travaillent à 3 dollars la minute.
3x20= 60 dollars la consultation de 20 minutes
1 USD = 0,85 EUR
0,85x60= 52 euros la consultation de 20 minutes
Pourquoi pas ? Mais certainement pas pour 32 euros !
100 euros de l'heure : C'est moins qu'un Plombier !
Daniel Wuyts
04 décembre 2025Il faut choisir entre gagner plus de sous ou avoir une meilleure écoute du patient.
Je déplore l'aspect travail à la chaîne qu'est devenue la médecine ces dernières années.
Il ne suffit pas de soigner bêtement des symptomes mais aussi comprendre leur genèse en fonction du vécu du patient et de sa physiologie. Le double insu finit par aveugler le médecin. C'est tellement plus facile et rapide de ne pas rechercher les causes profondes du problème...
Erwin VUYTS
04 décembre 2025On fait comment en garde quand on a parfois plus de 60 patients à voir sur une journée au poste ?
on rappelle 2 autres confrères ( histoire de soulager la pression des gardes en les multipliant par 3...)
ou alors on fixe les derniers rdv à 04h00 de la nuit...