Santé mentale : le médecin est souvent la seconde victime

À Bruxelles, ce samedi, lors du symposium multidisciplinaire exclusivement consacré à la santé mentale de RESUMES (Réseau multidisciplinaire d’échange scientifique), cocréation du Dr Audrey Bonnelance et du Dr Thomas Orban, plus de 480 soignants inscrits se sont penchés sur la santé mentale des médecins.

Le premier constat est clair : trop peu de médecins, encore aujourd’hui, ont un médecin généraliste. Emilie Banse, psychologue, a présenté un travail sur lequel nous ne reviendrons pas.( Voir en bas d'article  ) Pour elle, « chaque soignant peut contribuer au changement ».

En parler en équipe ou auprès d’un professionnel

Au cours des différents exposés, le Dr Julien Munck, chirurgien, a rappelé que lorsque le médecin connaît un échec thérapeutique ou un accident/incident médical, il ne doit pas hésiter à appeler à l’aide un autre professionnel de santé pour en parler. « Le médecin est souvent la seconde victime après un échec thérapeutique. Il a une tendance immédiate à se demander ce qu’il a raté, avec un repli sur soi et une culpabilité. Cela amène notamment à une perte de confiance. » Évidemment, cette ouverture au dialogue est d’autant moins facile que, chez le médecin, il existe toujours la peur d’enfreindre le secret médical ou encore de se trouver face à une absence de compréhension des problèmes techniques. « Le médecin ne doit pas hésiter à en parler et demander un soutien psychologique... » Il a rappelé l’existence de la plateforme https://www.medecinsendifficulte.be

S’écouter

De son côté, le Dr Rodolphe Van Wijnendaele, psychiatre, interpelle les médecins : « Écoutez-vous ! » Il donne un exemple très concret : « Chaque médecin possède une jauge, une batterie, comme pour une voiture. Il doit se pencher avec lucidité sur trois éléments importants. »
Selon lui, le médecin doit repérer ses pertes d'énergie (fatigue, présentéisme, douleurs, irritabilité, troubles de concentration, alcool, drogues, médicaments...). Il doit aussi repérer ce qui le fatigue dans son quotidien, dans sa consultation, sa relation avec les autres professionnels, ses différentes interactions. Par ailleurs, le plus important, le médecin doit comprendre et repérer ce qui va lui permettre de récupérer afin d’installer des choses simples et concrètes dans son quotidien.

Des solutions existent

Enfin, le Dr Benoît Hermans, urologue, est revenu sur les solutions qui existent dans les institutions, ou qui pourraient exister, dans des pratiques de groupes. Il a donné l’exemple du CHUM - Centre hospitalier de l'Université de Montréal : « Il y existe un soutien au mieux-être au travail pour veiller aux signes de détresse psychologique dans son équipe. Des personnes formées aux premiers soins psychologiques écoutent les soignants en difficulté ou qui ont besoin d’écoute. Ce travail est mené avec bienveillance et une disponibilité qui permet l’écoute à chaque instant. »

Plus que jamais, le médecin doit s’écouter afin de prendre soin de lui… pour qu’il puisse au mieux prendre soin de ses patients…

Lire aussi : Quand la culture médicale fragilise la santé mentale des médecins

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