Rapport interne de l’INAMI : l’UBPS réclame l’arrêt immédiat de la loi-cadre

La révélation d’un rapport interne de l’INAMI, resté confidentiel pendant plus de cinq ans, ravive les tensions autour des réformes en cours. Dans un communiqué, l’Union belge des prestataires de soins (UBPS) demande un arrêt immédiat de la loi-cadre actuellement en discussion, estimant que les bases du système sont désormais contestées.

Selon ce rapport, une proportion importante de personnes reconnues en incapacité de travail ne remplissaient pas les critères lors des contrôles. Connues depuis 2019 et transmises au cabinet du ministre de la Santé en 2024, ces informations n’ont toujours pas été expliquées publiquement.

Pour l’UBPS, ces éléments confirment un problème plus large. L’organisation évoque un système « structurellement biaisé », pointant le rôle des mutualités, à la fois impliquées dans le financement des indemnités et dans l’évaluation du droit à celles-ci. « Un système où celui qui paie contrôle lui-même ses dépenses n’est pas un système de contrôle, c’est un système d’auto-validation », souligne-t-elle.

Dans ce contexte, poursuivre les réformes serait, selon l’UBPS, injustifiable. « Réformer un système dont les bases sont contestées revient à construire sur du sable », estime l’organisation, qui appelle à suspendre immédiatement la loi-cadre tant que toute la lumière n’aura pas été faite.

L’UBPS dénonce également des « contrôles insuffisants » et « des dérives qui s’installent », ainsi qu’une pression accrue sur les prestataires de soins, appelés à compenser les failles du système. Elle met en garde contre l’élargissement de dispositifs comme le statut BIM, « sans garanties suffisantes en matière de contrôle et de ciblage ».

Face à cette situation, l’organisation juge le silence du ministre Frank Vandenbroucke « incompréhensible » et estime qu’« aucune réponse claire n’a été apportée » malgré les informations dont dispose son cabinet.

L’UBPS demande la publication intégrale du rapport de l’INAMI, une prise de parole publique du ministre, l’ouverture d’une commission parlementaire indépendante et une réforme en profondeur du rôle des mutualités, avec une séparation stricte des fonctions.

Pour l’organisation, l’enjeu dépasse désormais les aspects techniques. « Aujourd’hui, la question n’est plus technique. Elle est politique », avance-t-elle, posant la question de la capacité du ministre à réformer un système dont la transparence n’a pas été garantie.

Lire aussi: Invalidité : l’UBPS dénonce une opacité structurelle après la fuite d’un rapport de l’INAMI

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Derniers commentaires

  • Robin GUEBEN

    15 avril 2026

    Il faut la séparation entre le corps assureur médical et le corps médical-médical, ce qui implique la fin du tiers-payant, du forfait et de tout shunt assurantiel dans le dos du patient. Un système d'abonnement économique médical sain peut exister s'il est mis sous forme d'enveloppe budgétaire fermée comme les BMF hospitalier ou alors sur le chef du patient lui-même, pas du médecin. Les concertations médico-mut ne peuvent être que consultatives du corps médical mais en aucun cas directives depuis l'État.
    Si ça, ça ne change pas, ce n'est même pas la peine que je me déplace pour venir discuter "Économie". La loi-cadre va transformer le système belge en NHS corporatif qui n'aura comme but sa survie et le profit d'un petit groupe sur l'ensemble.