Rapport de l’Aviq sur la réforme hospitalière : les 8 urgences pour la première ligne

Alors que la réforme du paysage hospitalier doit être examinée lors d’une prochaine Conférence interministérielle Santé, l’Aviq met en garde contre toute réorganisation qui affaiblirait la première ligne ou compliquerait l’accès aux soins non planifiables en wallonie. Dans un avis de 36 pages que Medi-Sphère a pu consulter en exclusivité, le comité de la branche Santé de l’Aviq identifie huit priorités pour les médecins généralistes et les dispositifs de garde, du renforcement des PGMG à la réforme du 1733, en passant par un triage plus efficace des patients et une meilleure articulation avec les services d’urgences.

Le rapport de l’Aviq souligne « le danger de certaines orientations envisagées sur l’accessibilité physique aux urgences, en particulier dans les zones périphériques ou rurales ». Il souligne qu’il « faudra un délai plus long pour permettre une transition sans mettre en danger l’accessibilité et la qualité des suivis qui se font en milieu hospitalier ».

Huit points peuvent être retenus pour améliorer la prise en charge et, surtout, pour que cette prise en charge soit cohérente avec l’éventuelle réforme du paysage hospitalier.

  1. Les PGMG : Selon le rapport, l’implantation des PGMG (Poste de Garde de Médecine Générale) sur un site hospitalier (HGR) doit être un modèle privilégié à chaque fois que c’est possible, en particulier dans les zones urbaines pour diminuer la pression sur les urgences et permettre l’échelonnement des soins, avec possibilité de PGMG avancé hors site hospitalier (fonctionnement intégré à un HIS/CML/polyclinique), dans les zones sans HGR à proximité.
  2. Toutes les situations nécessitant l’intervention de la garde de MG doivent être effectivement prises en charge durant les week-ends et les soirs de la semaine (18 h-23 h) ; en nuit profonde, en vue d’une utilisation efficiente des ressources, les membres plaident pour que la garde soit assurée par les SUS, partout où la proximité d’un HGR le permet ; dans les zones où cela n’est pas possible, par la garde MG.
  3. La gouvernance indépendante de l’hôpital doit être garantie quel que soit l’emplacement du poste de garde.
  4. La réforme du paysage hospitalier ne peut être mise en œuvre que si le triage des soins non planifiables devient efficace, systématique et harmonisé à toutes les portes d’entrée du système (112, 1733, services d’urgences et médecine générale). Ce triage doit assurer 24 h/24 et 7 j/7 une orientation fiable vers le niveau de la prise en charge le plus approprié, qu’il s’agisse d’un médecin généraliste de jour, d’un PGMG…
  5. Cette chaîne d’orientation nécessite des responsabilités clairement définies et des modalités de renvoi formalisées dans des conventions locales juridiquement établies, incluant la génération d’un ticket de renvoi garantissant la traçabilité et la continuité de la prise en charge.
  6. Pour être fiable, le dispositif 1733 doit fonctionner de manière effective et uniforme sur l’ensemble du territoire. Cela implique une clarification des rôles et un renforcement des compétences des opérateurs de tri (formation), sous supervision d’une régulation médicale (présence d’un médecin). Il faudra en outre un déploiement complet du système sur tout le territoire afin d’assurer une équité d’accès. Cette mise en place nécessite inévitablement un financement supplémentaire.
  7. Une réforme crédible doit s’accompagner d’une harmonisation des règles financières afin d’éviter des incitants contre-productifs entre les urgences et les postes de garde. Il faut évidemment un renforcement de la première ligne et des dispositifs de garde, sans transfert de charge brutal ni vers les patients, ni vers les professionnels.
  8. Les organisations syndicales attirent l’attention du Gouvernement wallon sur l’accessibilité des soins d’urgence pour les personnes vulnérables et/ou sous assuétudes.

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.

Derniers commentaires

  • Robin GUEBEN

    02 juin 2026

    L'urgentiste SUS n'a pas à faire de la médecine générale en nuit noire, c'est quoi cette histoire ?! Le MG fait de la MG ; l'urgentiste fait des urgences. Soit on a un protocole nuit noire pour tous (le tri estime que l'urgence peut attendre le lendemain), sinon on ne fait pas le protocole nuit noire : je me désolidarise des manifestations de 2023 si on veut le transférer aux urgentistes SUS, c'est n'importe quoi !

    Je vais encore plus loin, il faut imposer une garde MG aussi en journée en semaine car les généralistes surchargés ont tendance justement à envoyer leurs cas aux urgences, ce qui déborde sur le tard 18h-minuit et la nuit noire donc. Et ça ne serait pas une nouveauté, les centres SOS existent depuis bien longtemps en France.