Radiologie : débat à la Chambre sur les effets de l’interdiction des suppléments pour CT et IRM

L’interdiction des suppléments d’honoraires pour les examens CT et IRM a eu, selon le député MR Daniel Bacquelaine, un effet pervers : les suppléments se déplaceraient vers d’autres examens radiologiques. Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke voit les choses autrement. Pour lui, ce phénomène montre justement qu’un plafonnement général des suppléments d’honoraires est nécessaire.

Depuis plus d’un an, les suppléments d’honoraires pour les scanners CT et les examens IRM sont interdits. Selon Daniel Bacquelaine, les radiologues compensent cette perte par d’autres examens, comme l’échographie ou la radiographie classique. « On peut donc difficilement parler d’un succès », a-t-il déclaré à la Chambre. « Nous constatons un déplacement vers d’autres examens. Sans vision globale, cette mesure ne pouvait que échouer. »

Selon Daniel Bacquelaine, le problème ne se situe pas d’abord chez les médecins. Les suppléments d’honoraires seraient liés, selon lui, à l’équilibre financier des hôpitaux et aux investissements dans l’équipement médical. « Ils ont aussi un lien avec la qualité des équipements et donc avec l’accès à des soins de qualité. » Il a notamment demandé au ministre si la mesure avait effectivement conduit à une réduction des délais d’attente pour les examens CT et IRM.

Le ministre Frank Vandenbroucke a souligné que la mesure découle de l’accord médico-mutualiste 2022-2023. Dans cet accord, les organisations de médecins et les mutualités avaient convenu de s’attaquer à la problématique des suppléments en radiologie.

Le ministre reconnaît qu’un déplacement vers d’autres prestations s’est produit. Mais selon lui, cela démontre précisément qu’une approche plus large est nécessaire. « Ma conclusion est que nous devons généraliser une limitation des suppléments d’honoraires », a déclaré Frank Vandenbroucke. « Pour toutes les disciplines et toutes les prestations, un plafond doit être instauré. »

Il conteste également l’idée selon laquelle les suppléments seraient indispensables au financement des hôpitaux. Selon lui, de nombreux hôpitaux comptent des radiologues entièrement conventionnés et n’appliquent aucun supplément. « Ces hôpitaux sont-ils en faillite ? Absolument pas », a déclaré Frank Vandenbroucke. « La moitié des suppléments est demandée dans dix pour cent des hôpitaux, et personne n’est capable de m’expliquer de manière convaincante pourquoi. »

Daniel Bacquelaine a réagi vivement et a averti qu’une suppression ou un plafonnement général des suppléments risquerait d’aggraver la situation. Selon lui, le gouvernement doit d’abord mettre en œuvre les réformes structurelles annoncées dans l’accord de gouvernement : une réforme du financement hospitalier, du paysage hospitalier et de la nomenclature. « Ce n’est qu’ensuite que nous pourrons ouvrir le débat sur les suppléments d’honoraires », a déclaré Daniel Bacquelaine. « Mettre la charrue avant les bœufs n’a aucun sens. »

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