Malgré une connaissance déclarée des mesures de protection solaire, les comportements des Belges restent insuffisants face aux risques liés aux UV. Les résultats du moniteur UV 2025 de la Fondation contre le Cancer confirment un décalage persistant entre information et pratiques, alors que le cancer de la peau demeure le cancer le plus fréquent.
Environ un cancer sur trois diagnostiqué aujourd’hui est un cancer de la peau, mélanome ou non-mélanome, avec une incidence en augmentation en Belgique comme à l’échelle mondiale. Une grande partie de ces cancers est évitable grâce à une protection adéquate contre les rayons UV, issus du soleil ou des bancs solaires.
Si 73 % des Belges déclarent être informés des mesures de protection, ces connaissances ne se traduisent pas par une application correcte. Près de 27 % indiquent ne pas être suffisamment informés sur l’ordre des mesures à adopter. Les recommandations sont pourtant claires : lorsque l’indice UV dépasse 3, il convient d’éviter le soleil et de chercher l’ombre, de porter des vêtements protecteurs, puis d’appliquer de la crème solaire. Dans la pratique, la crème solaire reste le principal réflexe.
Les coups de soleil restent fréquents : 56 % des Belges déclarent en avoir eu au cours de l’année écoulée. Les formes graves progressent, passant de 2 % en 2011 à 12 % en 2025. La répétition des coups de soleil augmente le risque de cancer de la peau.
L’indice UV est connu de 55 % des Belges et six sur dix déclarent en tenir compte. Toutefois, 26 % en tiennent rarement, voire jamais, compte et 11 % ne connaissent pas ce concept. La distinction entre chaleur et rayonnement UV reste insuffisante, alors que l’indice UV dépasse fréquemment 3 dès les mois de mars, avril et mai.
Les comportements à risque sont particulièrement marqués chez les 16–24 ans. Seul un jeune sur deux déclare se protéger du soleil pour éviter les coups de soleil, tandis que 72 % indiquent en avoir eu au cours de l’année écoulée. Les coups de soleil graves, avec frissons, cloques ou fièvre, restent fréquents dans cette tranche d’âge.
Plusieurs croyances persistent : 38 % pensent qu’un banc solaire est plus sûr que le soleil, 49 % estiment qu’une peau bronzée protège contre les coups de soleil, 40 % préfèrent attraper un coup de soleil plutôt que de rentrer de vacances sans bronzage, 60 % jugent qu’une peau bronzée est importante après l’été et 53 % estiment improbable de développer un cancer de la peau.
L’influence de la désinformation en ligne, en particulier sur la protection solaire, joue un rôle dans cette situation, thème central de la campagne Euromelanoma 2026. « L’objectif de la campagne est d’atteindre un maximum de personnes avec des informations correctes, afin qu’elles se protègent mieux du soleil et puissent reconnaître précocement un cancer de la peau. Mais aujourd’hui, nous devons aussi remporter cette bataille en ligne », explique le dermatologue Thomas Maselis, président belge d’Euromelanoma.
Une autre évolution concerne les enfants : aucun coup de soleil n’était rapporté en 2011, contre 13 % en 2025. L’enquête met en évidence un soutien à l’intégration de cette thématique à l’école et à l’aménagement de zones d’ombre.
L’utilisation des bancs solaires reste stable : 9 % des Belges y ont eu recours au cours de l’année écoulée et 6 % plus de cinq fois. Les jeunes y recourent davantage, avec 15 % des 16–24 ans et 9 % des 24–35 ans.
Chez les travailleurs en extérieur, 32 % déclarent avoir été gravement brûlés au cours de l’année écoulée, contre 12 % dans la population générale, soit une augmentation de 5 % par rapport à 2023.
Les résultats du moniteur UV 2025 mettent en évidence la combinaison de connaissances insuffisantes, d’attitudes inchangées et de comportements à risque. Une approche structurelle, incluant information, prévention et mesures ciblées, reste nécessaire pour réduire l’incidence du cancer de la peau en Belgique.
La Fondation contre le Cancer organise le 23 avril 2026, au Parlement fédéral, un événement consacré à la prévention du cancer de la peau, réunissant décideurs, experts et patients, avec des recommandations visant à renforcer la politique de prévention.
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