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L’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) figure parmi les dix plus grands utilisateurs de consultance au sein de l’administration fédérale. Entre 2020 et 2022, près de 48 % de son budget d’achats, soit 115,5 millions d’euros, ont été consacrés à des missions externes ou à des prestations internes via des structures publiques.
La Cour des comptes a publié mercredi un rapport sur le recours à la consultance par l’État fédéral. Elle a audité 45 institutions pour un montant total de 1,4 milliard d’euros sur la période 2020-2022, dont 80 % liés à l’informatique. En extrapolant à l’ensemble du périmètre fédéral, le coût total de la consultance est estimé à environ 2,5 milliards d’euros.
Pour l’INAMI, les dépenses se répartissent entre 27,7 millions d’euros pour des prestations in house — notamment via Smals et Egov Select — et 87,9 millions pour des contrats ou marchés publics externes. Le budget total d’achats de l’Institut s’élevait à 239,8 millions d’euros sur la période. Le rapport précise que le SPF Santé publique a, pour sa part, dépensé 70,1 millions d’euros en consultance, soit environ 3 % d’un budget d’achats total de 2,67 milliards d’euros.
La Cour pointe l’absence d’une stratégie fédérale claire pour encadrer le recours à la consultance et relève des justifications souvent incomplètes des besoins avant externalisation. Les analyses coûts-avantages entre solutions internes et externes restent rares et le suivi des résultats insuffisant. Elle met également en garde contre une dépendance structurelle à la consultance, particulièrement dans le domaine informatique.
Dans sa réponse, l’INAMI reconnaît s’appuyer sur des consultants pour pallier ses manques internes. « Les consultants externes répondent directement à des besoins spécifiques qui peuvent difficilement être pourvus par les ressources internes. La consultance externe répond donc aux manquements du personnel interne et aux limites liées aux conditions de recrutement », indique l’Institut, ajoutant qu’« il faudrait améliorer la disponibilité et les compétences du personnel interne ainsi que les possibilités de recrutement » pour réduire ce recours.
Les prestataires les plus fréquemment sollicités par l’INAMI sont Smals et ProUnity pour les projets informatiques, et Deloitte pour les missions de stratégie et d’organisation. La Cour rappelle toutefois que Smals et Egov Select, bien qu’agissant comme fournisseurs de services IT pour leurs membres, sont considérées comme des structures publiques in house et non comme des consultants externes au sens strict. Leurs prestations sont donc déjà incluses dans le total de 115,5 millions d’euros attribué à l’Institut et ne doivent pas être additionnées séparément.
La Cour recommande de mieux encadrer le recours à la consultance, de cartographier les compétences internes et d’évaluer plus systématiquement les coûts avant externalisation. L’INAMI dit souscrire à ces recommandations, tout en soulignant que la réduction de 1,8 % des crédits de personnel prévue pour 2025 rendra difficile une baisse effective du recours aux consultants.
> Découvrir l'intégralité du rapport
Lire aussi :
> La Cour des comptes critique à nouveau l’INAMI pour sa gestion comptable
> Transparence budgétaire : l’INAMI réagit aux observations de la Cour des comptes









Derniers commentaires
Francois Planchon
13 novembre 202548%... c'est surréaliste...
Avec tous les hauts fonctionnaires, les fonctionnaires de niveau 1, LES ministres de la santé et leurs cabinets dont les membres sont choisis pour leurs compétences... ces messieurs ont encore besoin de CONSULTANTS !?!?!?
Et en plus, ils osent NOUS faire la leçon ET veulent disséquer nos comportements pour imposer des restrictions à n'en plus finir ?
Euh... il faudrait une 2de révolution de 1789 pour purger les structures de l'Etat de tous les incompétents incapables de mener des études et de réfléchir sur leurs matières respectives...
48% du budget d'achats : si jamais un hôpital osait cette fantaisie, il serait vite en en faillite !
Charles KARIGER
13 novembre 2025« Compétences internes », qu’ils disent.
Sans blague !
Il est bien connu que chaque ministre (Combien notre Royaume émietté en compte-t-il ?) s’installe en amenant un « cabinet », c’est-à-dire une cuadrilla de dizaines, parfois centaines de personnes choisies pour leur LOYAUTÉ ( = carte du parti ) : « Le choix des membres d'un cabinet ministériel est laissé à la discrétion du ministre et le recrutement ne passe pas par l'organisation d'un examen ou d'un concours. … le rôle et la taille des cabinets ministériels font depuis longtemps l'objet de critiques et de débats, de même que leur rapport avec l'administration. » (source : CRISP, Ctre de rech. et d’inform. socio-polit.)
Rien que pour la Région wallonne, il s’agit de plus de DEUX MILLE QUATRE CENTS personnes. (https://www.revuepolitique.be/coupes-dans-les-cabinets)
Leur noble tâche est de cornaquer ou, souvent, de court-circuiter l’Administration en faveur des buts (électoraux) des Zheureux Zélus.
Tout ceci est parfaitement reproduit dans les MILLIERS de « structures » péri-ministérielles" (telles que l’INAMI) que nos chers électeurs applaudissent lorsqu’ils peuvent y faire entrer un copain ou un fils.
Alors « cartographier les compétences internes… », quelle blague !
Rappel historique : Les peuples ont les gouvernants qu’ils méritent.