PMA en Belgique: un donneur danois porteur d'une maladie génétique engendre 53 enfants

 En Belgique, 53 enfants ont été conçus à partir du sperme d'un donneur danois présentant une anomalie génétique potentiellement mortelle, ressort-il d'une mise à jour de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS).

Chaque mois, l'AFMPS met à jour sur son site web les données concernant les dépassements de quotas de dons de sperme, sur base des informations transmises par la trentaine de centres de fertilité existant en Belgique. Depuis 2007, la loi relative à la procréation médicalement assistée limite le don de sperme à un maximum de six familles différentes par donneur. Les données concernent aussi bien des donneurs propres aux centres que des donneurs étrangers, avec ou sans émission d'une "Rapid Alert", c'est-à-dire un signalement européen d'un risque sanitaire lié à l'utilisation d'un don de gamètes. 
Selon les informations actuellement disponibles, un total de 121 dépassements de quotas ont été constatés entre 2012 et 2026. Pour la seule année 2026, pas moins de 32 signalements ont été émis. 
Parmi eux, figure celui du "donneur 35". L'homme a engendré 53 enfants de 39 mères différentes. Son sperme, issu de la banque de sperme danoise Cryos, a été utilisé dans 12 centres de fertilité en Belgique. Et plusieurs de ces centres ont enfreint la limite légale, l'un d'entre eux utilisant la précieuse substance chez plus d'une vingtaine de receveuses.
Outre le dépassement du quota, qui pose un risque majeur de consanguinité, il est également apparu que le donneur était atteint d'une anomalie génétique. Une variante du gène COL3A1 a en effet été détectée chez deux enfants issus de ce don. Ce gène est responsable de la production de collagène de type III, une protéine qui assure la solidité et la structure des vaisseaux sanguins, de la peau et des organes. En conséquence, le donneur a fait l'objet d'une "Rapid alert" et été mis à l'écart le 23 juillet 2026, peut-on lire sur le site de l'AFMPS. 

Sollicité par De Standaard, le CEO de la banque de sperme Cryos Ole Schou indique que les dons remontent "aux années 90". Il évoque "un cas historique, qui n'est pas représentatif de notre gestion actuelle des quotas". Selon lui, aucune limite n'était en vigueur en Belgique avant 2007.
D'après les informations publiées par l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) à la suite du signalement, au moins une partie des 53 enfants a été conçue après 2007. Elle n'est cependant pas en mesure de préciser pendant quelle période le sperme du donneur a été utilisé en Belgique. On ignore également si le sperme a été conservé pendant des années au sein de la banque Cryos ou s'il a été stocké par les cliniques de fertilité.
Il ne s'agit pas du premier scandale lié à un donneur en série en Belgique. Les gamètes d'un autre donneur danois, porteur d'une anomalie génétique augmentant considérablement le risque de cancer, avaient été utilisés par 38 familles, donnant naissance à 53 enfants. Dans toute l'Europe, l'homme avait engendré 197 enfants. Ses gamètes ont été bloqués fin octobre 2023.
Au total, depuis 2022, 36 donneurs issus de banques étrangères ont fait l'objet d'une "Rapid Alert" pour un risque sanitaire.
Par ailleurs, une vingtaine de donneurs, recrutés en Belgique au sein des centres de fertilité, ont dépassé le quota légal. Un centre a ainsi utilisé les gamètes d'un donneur pour 32 familles différentes.

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