Face à des pénuries persistantes touchant notamment la médecine générale, les soins infirmiers et l’aide à domicile, les autorités francophones déploient une stratégie structurée autour de cinq leviers pour agir sur l’ensemble du parcours professionnel, de la formation à la fidélisation. Décliné en dix priorités opérationnelles, le plan entend apporter sur cinq ans des réponses concrètes à un déséquilibre croissant entre besoins de soins et ressources disponibles.
Enfin, il est sur la table ! Après des mois d’attente, le plan pour renforcer l’attractivité des métiers du soin du côté francophone a été validé par le Gouvernement wallon et le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils lancent une stratégie conjointe 2026-2031 visant à répondre durablement aux pénuries dans les métiers du soin et de l’accompagnement. Fruit d’une co-construction associant les acteurs de terrain, les partenaires sociaux, les administrations et en lien étroit avec le fédéral, cette stratégie vise à apporter, sur cinq ans, des réponses structurelles à un enjeu majeur pour notre société.
La Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles font face à des pénuries persistantes dans sept métiers essentiels : médecins généralistes, dentistes, infirmiers, aides-soignants, aides familiaux, aides-ménagers sociaux et gardes à domicile.
Quelques chiffres
Les données objectivent l’ampleur du défi :
- Infirmiers : seuls 3 diplômés sur 5 exercent réellement, avec une chute des inscriptions de 4.000 à 2.600 étudiants entre 2015 et 2021
- Aides-soignants : même constat, avec 3 diplômés sur 5 en activité, et une pénurie particulièrement marquée en maisons de repos
- Médecins généralistes : 75 % jugent leur charge de travail trop importante, et 1 sur 5 n’accepte plus de nouveaux patients
- Dentistes : 89 % exercent seuls, avec des disparités territoriales importantes
- Métiers de l’aide à domicile : conditions d’emploi et de travail difficiles, difficultés de recrutement persistantes
La stratégie repose sur une gouvernance partagée entre niveaux de pouvoir, en articulation avec le fédéral, une concertation étroite avec les secteurs et partenaires sociaux et une vision intégrée du parcours professionnel, de l’attractivité à la fidélisation.
5 leviers forts
La stratégie 2026-2031 s’articule autour de cinq leviers structurants couvrant l’ensemble du parcours professionnel :
- Améliorer la qualité de vie au travail et les conditions de travail, en renforçant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée
- Adapter les formations, pour les rendre plus lisibles et mieux alignées avec les réalités de terrain
- Valoriser l’image et l’attractivité des métiers, en mettant en avant leur sens et leur utilité sociale
- Élargir et diversifier les recrutements, en ouvrant les métiers à de nouveaux profils
- Agir sur les facteurs structurels de la demande de soins, notamment via la prévention et une meilleure coordination des politiques
Ces leviers sont déclinés en 10 priorités opérationnelles, couvrant l’ensemble de la chaîne d’attractivité, de la formation à la fidélisation. Cette stratégie prévoit la mise en place de task-forces thématiques, l’élaboration rapide d’une feuille de route opérationnelle, un pilotage stratégique structuré et partagé et une évaluation continue basée sur des données objectivées.
En mobilisant l’ensemble des acteurs autour d’une vision commune, cette stratégie marque un tournant structurant pour l’avenir des métiers du soin et de l’accompagnement en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour le ministre de la Santé, Yves Coppieters, « réduire ces métiers à leur seule pénibilité serait une erreur. Avec cette stratégie, nous agissons dès aujourd’hui pour construire un secteur plus attractif, plus équilibré et plus durable, au service des citoyens comme des professionnels. » Dans ce dossier, les ministres Jeholet, Glatigny et Degryse ont également été à la manœuvre.









Derniers commentaires
Daniele Steenbeke
26 mars 2026Que de belles paroles.... Qu'il commence déjà par reconnaître ces métiers comme pénibles. Qu'il arrête de nous imposer de plus en plus de contraintes informatiques. Qu'il ne nous pénalise pas pour l'utilisation de voiture thermique car nous n'avons pas tous les moyens d'acheter une électrique.
Les soins " gratuits ou presque" font sur -consomer. Il est temps d'y mettre un frein.
Robin GUEBEN
25 mars 2026Soigner les symptômes ne guérira pas le syndrome... Je félicite tous ces gens pour leurs efforts mais ça va être la même chose qu'avec Get-Up Wallonia : un pognon de dingue va être absorbé dans des processus de pensées stériles et in fine, on aura des penseurs qui auront fait une chouette opération financière, un powerpoint et zero projet concret.
Les causes du syndrome sont : la surcharge de la Demande, un manque de responsabilité de l'Offre et un manque de compétences cliniques de l'Acte.
Les remèdes aux syndromes seront : un tri et une contrainte de la Demande (fini les BIM et le tiers-payant), une centralisation-renforcement de l'Offre (les spécialistes (y compris les généralistes spécialistes) ont choisi leur spécialité dans tous ses aspects y compris désagréables ; la médecine ce n'est pas que des petits chroniques) et enfin de récompenser l'Acte curatif (l'acte avec la main = le soin pour les spécialistes très cliniques, la parole qui guérit pour certains spécialistes très paracliniques et la pensée pour les CHU universitaires aux cas très compliqués).
Je sais que c'est aussi désagréable mais il faudra amoindrir des mécanismes qui ne font pas preuve d'amélioration de qualité : les DMG. Ou les transformer pour éviter les effets d'aubaine ou le crony capitalism dans la sphère du secteur intermédiaire médical. Impulseo 1 cherchant à devenir des prêts à taux zero et s'étendre à plus de monde que les seuls généralistes est une bonne piste.