Pas question d'instaurer une franchise des soins de santé, martèle Vandenbroucke

Il n'est pas question d'instaurer une franchise pour recevoir des soins de santé, a martelé jeudi le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, à la Chambre. Mais le socialiste ne s'en est pas caché: pour boucler le budget, tous les départements devront faire des efforts.

La formule d'une franchise est issue d'une série de scénarios d'économies imaginés par le Bureau du plan et chiffrés par l'Inami pour un total de 6 milliards d'euros. Elle a fait grand bruit et n'a pas reçu de marque de soutien à la Chambre, même sur les bancs libéraux.
"On ne comblera pas les trous dans le budget sur le dos des personnes malades", a assuré M. Vandenbroucke, qualifiant la proposition de "lâche", "brutale" et "tellement facile".
Le socialiste flamand a rappelé le contexte de l'exercice et évoqué les doutes émis par l'Inami lui-même sur une telle formule. Il a aussi insisté sur la lourde tâche qui attend le gouvernement à la rentrée pour boucler une trajectoire budgétaire pluriannuelle reposant sur un effort additionnel de dix milliards d'euros. "L'objectif, c'est de donner un avenir à l'État Providence", a-t-il rappelé. "Dans tous les secteurs, tous les ministres devront faire des propositions: Intérieur, Affaires étrangères, Justice, Affaires sociales... tout le monde. On ne va pas atteindre notre objectif en posant des tabous. Mais j'en ai quand-même un: il faut que ce soit juste".
Côté libéral, c'est l'extension au fil du temps du statut BIM, donnant droit à une intervention majorée, qui est pointée du doigt. "J'ai des propositions de réforme. Cela doit être plus juste et plus équitable. Le but n'est pas de rendre la vie des gens qui ont des difficultés encore plus difficile mais s'il apparaît que des bénéficiaires ont un grand patrimoine ou une participation importante dans une société, il faut faire quelque chose", a expliqué M. Vandenbroucke.
L'opposition a essayé d'y voir plus clair, entre les 6 milliards d'euros d'économies évoqués à propos de ce rapport de l'Inami et une lettre de mission en cours d'élaboration à destination des mutualités et des prestataires de soins où il est question de 638 millions. "Qui a commandé ce rapport", a demandé Caroline Désir (PS). "Il apparaît de plus en plus clairement que vous allez chercher de l'argent dans les soins de santé", a fait remarquer Sarah Schlitz (Ecdolo-Groen). Le PTB a affiché sa méfiance: "On fait une proposition choc de 6 milliards pour in fine défendre l'augmentation du ticket modérateur et le fait qu'on a chipoté au statut BIM", a prédit Sofie Merckx.

Lire aussi: Franchise en soins de santé: jusqu'à 4,7 milliards d'euros d'économies potentielles

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