Où consulte-t-on le plus un médecin généraliste en Europe ?

Avec envirion 7,9 consultations par habitant et par an, la Belgique se situe légèrement sous la moyenne européenne, fixée à 8,4 consultations, selon l'Atlas européen de la médecine générale présenté lors du congrès WONCA Europe 2026 à Paris. L'ouvrage compare les systèmes de soins de 53 pays européens et met également en perspective leurs ressources économiques et leurs dépenses de santé.

Avec 12 consultations par habitant et par an, l'Autriche occupe la première place du classement européen, devant la Turquie (11,4) et la Slovaquie (10,9). La Belgique se situe sous la moyenne européenne (8,4 consultations), derrière les Pays-Bas et l'Allemagne, mais devant la France (5,4) et la Suisse.

À l'autre extrémité du classement figure la Suède, où les habitants ne consultent leur médecin généraliste que 2,4 fois par an en moyenne. L'atlas explique notamment cette différence par une délégation de tâches beaucoup plus développée vers les infirmiers et autres professionnels de santé.

Les auteurs soulignent toutefois que ces comparaisons doivent être interprétées avec prudence. Les systèmes de santé diffèrent fortement d'un pays à l'autre, tant en ce qui concerne les modalités d'accès aux soins que le rôle des autres professionnels, les modes de rémunération des médecins ou les méthodes de collecte des données.

Le cas de la France illustre ces limites. Si le pays affiche une moyenne de 5,4 consultations par habitant, 56% des assurés ne consultent pas leur médecin généraliste au cours d'une année donnée. Les 244 millions de consultations et visites se concentrent ainsi sur 29,5 millions de patients, soit environ huit contacts par patient ayant effectivement consulté.

En Belgique, les données du rapport des variations de pratiques médicales de Healthy Belgium font état de 50,4 millions de consultations et de visites de médecine générale en 2024, réparties entre près de 9,3 millions de patients, soit une moyenne de 5,5 contacts par patient ayant effectivement consulté. 

Les différences portent également sur la durée des consultations. En Autriche, celle-ci était estimée à cinq minutes selon les données disponibles de 2010, tandis que d'autres pays privilégient des consultations plus longues mais moins fréquentes.

La Belgique au-dessus de la moyenne européenne pour les dépenses de santé

L'atlas compare également les dépenses de santé par habitant en les replaçant dans leur contexte économique grâce au produit intérieur brut (PIB) par habitant en parité de pouvoir d'achat (PPA). La Belgique se situe au-dessus de la moyenne européenne pondérée, tant pour le niveau de richesse que pour les dépenses de santé. Les auteurs soulignent que les écarts de ressources entre pays doivent être pris en compte pour interpréter les différences observées dans l'organisation et l'utilisation des soins de première ligne.

Présenté lors du congrès de la WONCA Europe à Paris, l'Atlas européen de la médecine générale rassemble des données harmonisées provenant de 53 pays européens. Publié en anglais, il compare l'organisation des soins primaires, la démographie médicale, les activités de prévention, l'accès aux soins, les dépenses de santé ainsi que la charge administrative des médecins généralistes. L'ouvrage propose également un profil détaillé de plus de cinquante pays et se veut un outil de comparaison et de réflexion sur l'avenir de la médecine générale en Europe.

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Derniers commentaires

  • Robin GUEBEN

    12 juillet 2026

    La Belgique n'est pas un pays uniforme et se baser sur la moyenne permet de gommer les extrêmes. Il y a un biais dans l'échantillon car il y a en fait 4 Belgiques : la Flandre-Nation, la Région cosmopolite de Bruxelles Capitale, la transversale des grandes villes wallonnes et la ruralité wallonne au sud. Si c'est 15 contacts à Anvers, 5 à Molenbeek, 10 à Namur et 0 à Virton, ça fait une moyenne de 7,5 semblant normale alors qu'il y a un gros problème dans 2 régions.

    C'est étrange de ne pas en tenir compte, alors que vous faites un commentaire sur la France à ce propos. Le ministre VDB utilise souvent les moyennes spécifiques sur la Wallonie pour justifier les écarts par rapport à la Flandre et quand on a moyen de montrer qu'il y a une différence potentielle entre régions, on n'en tient pas compte ? Bizarre bizarre. Alors je sais que l'État essaye d'imposer son modèle New Deal à terme mais à force de nier et de ne pas préparer, tout le monde se fera rattraper par le principe de réalité.