Numéros INAMI : la répartition des futurs médecins au cœur du débat

Comment lutter contre la pénurie de médecins ? Si le gouvernement fédéral a annoncé l’augmentation du nombre de numéros INAMI à partir de la rentrée 2026-2027, la députée Hajib El Hajjaji (Ecolo) émet quelques réserves quant à son efficacité réelle.

« L’accessibilité à un système de santé ne repose pas uniquement sur l’augmentation du nombre de médecins, mais également sur la capacité des familles à recourir aux soins dans des conditions financières soutenables. Le déficit de médecins de première ligne dans les services de promotion de la santé à l’école (PSE) ou dans les consultations de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) renforce l’inaccessibilité de certains publics à la prévention pourtant indispensable. »

Garantir une formation médicale de qualité

Yves Coppieters, ministre de la Santé en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles, a rappelé le nombre d’étudiants qui entameront leurs études dès la prochaine rentrée académique 2026-2027. « Pour la médecine, le quota fédéral passe de 950 à 1 089 diplômés. Concrètement, ce sont donc 1 089 futurs médecins qui seront autorisés à exercer, soit 139 places supplémentaires, ce qui représente une hausse de 14,6 % par rapport au dernier quota en vigueur. »

En ce qui concerne la garantie d’un haut niveau de qualité de formation, la Commission de planification francophone de l’offre médicale, en étroite collaboration avec les doyens et les doyennes des facultés de médecine, a mené une analyse des conditions indispensables au maintien de l’excellence académique et clinique : « sur la capacité des infrastructures pédagogiques – qu’il s’agisse des salles de travaux pratiques, des laboratoires ou des équipements de simulation –, mais aussi sur la disponibilité des ressources humaines et des dispositifs d’encadrement nécessaires pour assurer un suivi individualisé des étudiantes et étudiants, en particulier durant les stages cliniques. »

Réfléchir à l’adaptation des sous-quotas par spécialité

Par ailleurs, la Commission de planification a déjà intégré l’augmentation des quotas globaux dans ses travaux. « Elle veillera à ce que l’évolution se traduise par une répartition équilibrée entre les différentes disciplines, en tenant compte des besoins prioritaires de première ligne – notamment en médecine générale –, ainsi que des exigences du secteur hospitalier. Elle ajustera de manière dynamique les sous-quotas proposés au gouvernement afin de garantir une adéquation constante entre l’offre de formation et les besoins en soins de santé de la population. Cela s’accompagnera également d’une indispensable réflexion sur leur répartition géographique et sur la répartition du nombre global de diplômés dans les différentes spécialités.

Les réflexions en cours tiennent compte des responsabilités des différents acteurs, ainsi que des réalités et contraintes de terrain, notamment, pour la médecine générale indispensable au renforcement de la première ligne, des besoins des services de prévention tels que les consultations de l’ONE ou les services PSE, mais également des contraintes organisationnelles des réseaux de soins et de l’importance stratégique de la prévention dans l’accessibilité aux soins. »

Un symposium le 1er juillet

Les Régions ont également un rôle à jouer pour agir de manière volontariste sur les leviers relevant de leurs compétences en soutenant l’installation des jeunes, le maintien et l’attractivité de la pratique de la médecine générale dans des lieux ou des zones qui le nécessitent. « Dans cette perspective, un symposium sera organisé le 1er juillet prochain à l’Académie royale de médecine de Belgique (ARMB). Cet événement réunira des représentants des différents niveaux de pouvoir, des universités, des acteurs de terrain et des experts. La problématique de la formation médicale – touchant notamment à la capacité de formation, à l’encadrement clinique, à la diversification des lieux de stage et à la répartition des assistantes et assistants – sera abordée dans le cadre de groupes de travail thématiques consacrés à des cas concrets. »

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Derniers commentaires

  • Nathalie PANEPINTO

    31 mai 2026

    La population n'a-t-elle pas les politiciens qu'elle mérite ?

  • Francois Planchon

    29 mai 2026

    Quand je lis cela, c'est lamentable... On continue de "limiter" les vocations des étudiants autochtones, et un médecin qui arrive d'un autre pays européen (souvent de l'Est car les salaires y sont trop bas..) reçoit son No INAMI immédiatement... Vous ne me croyez pas ? Partez Parcourir la liste des noms des médecins spécialistes dans nos hôpitaux, puis revenez ensuite débattre du problème !!
    Et SVP ne me faites pas dire autre chose : ce sont en grande majorité de très bons médecins... et nous sommes très content de les avoir pour remplir nos effectifs de spécialistes nécessaires pour faire tourner nos hôpitaux !!!
    Ce qui me révolte est la persistance de la volonté de sous-planifier les besoins, malgré l'évidence de ces recours fréquents aux médecins étrangers...
    C'est une gifle qui est donnée à nos jeune motivés, pour qui avoir la vocation ne suffit plus...
    Demain va-t-on limiter TOUTES les études supérieurs en fonction de l'estimation des besoins de notre société ??? Si on suit le même raisonnement, ce serait pourtant logique !
    Si vraiment il faut le faire, on devrait alors commencez par les établissements qui sont des usines à chômeurs et où 1 an après le "diplôme" plus de la 1/2 des étudiants n'a pas encore un emploi !
    Mais là où quasi 100% des étudiants ont trouvé un emploi en sortant... il faudrait peut-être "oser" se poser la question d'augmenter le nombre de places disponibles au-delà des planifications "politiques"... qui oublient que des diplômés qualifiés sont aussi nombreux à s'expatrier ... !
    SVP, réveillons-nous... Quand nos politiques font des conneries, il faudrait oser leur dire tout haut, et les ridiculiser dans la presse en vue des prochaines élections, en étalant face au public leurs décisions débiles...