Le député Jean-François Gatelier (Les Engagés) défend la réforme fédérale ayant relevé depuis le 1er janvier 2026 le prix de certains médicaments bon marché de 1 € pour les patients BIM et de 2 € pour les non-BIM. Dans un long entretien accordé à 21News après un post largement relayé sur les réseaux sociaux, il estime que « la santé doit avoir de la valeur » et plaide pour davantage de responsabilisation des patients afin de préserver un système de soins « soutenable ».
Dans son message publié sur X, le député- médecin généraliste compare les réactions suscitées par la hausse du prix des médicaments à l’acceptation de dépenses de consommation courante. « Ton iPhone, tu l’as payé 1 200 €. (…) Mais quand il s’agit de la molécule qui stabilise ton diabète, qui soigne ton infection ou qui évite ton infarctus, on trouve que 2 € de plus, c’est « trop cher ». Nous acceptons l’obsolescence des téléphones, mais pas celle de notre système de santé.
Ton café en terrasse, il te coûte 3,50 €. Il est bu en dix minutes. Tes frais de livraison Uber Eats, c'est 4 € pour un trajet de deux kilomètres. Mais depuis le 1er janvier 2026, quand le prix de ta boîte de médicaments augmente de 1 ou 2 € suite à la nouvelle réforme, c’est le scandale. C’est « l’État qui nous dépouille ».
Le Dr Jean-François Gatelier assume pleinement cette sortie. « On sait bien que les soins de santé sont dans le collimateur car c'est un budget très lourd », explique-t-il à 21News. Il dit « en avoir un peu marre d'entendre le misérabilisme des partis d'opposition » et estime que la réforme a été présentée de manière caricaturale.
Selon lui, il ne s’agit pas d’une augmentation généralisée du coût des médicaments mais d’un « arrondi à l’unité » pour certaines boîtes dont le ticket modérateur était inférieur à un euro. « Toute cette augmentation sur les médicaments qui ne coûtent pas cher permet justement de rembourser intégralement les médicaments anticancéreux qui, eux, coûtent très cher », affirme-t-il.
Le député-médecin développe également un discours centré sur la responsabilisation des patients. « Il faut donner de la valeur aux traitements et aux soignants », déclare-t-il, estimant que la quasi-gratuité de certains soins ou médicaments favorise le gaspillage et une moins bonne observance thérapeutique, notamment dans des pathologies chroniques asymptomatiques comme le diabète de type 2 ou l’hypertension.
Le Dr Jean-François Gatelier relance aussi le débat sur le rôle du médecin généraliste comme porte d’entrée du système de soins. Il se dit favorable à une modulation du ticket modérateur selon que le patient consulte un spécialiste après orientation par un généraliste ou de manière directe. « Cela permettrait de renforcer le rôle du généraliste tout en limitant certains comportements qui augmentent inutilement les dépenses de santé », avance-t-il.
Il pointe également la saturation des services d’urgence. « Beaucoup de patients souhaitent une réponse immédiate à des problèmes qui pourraient être pris en charge en médecine générale », estime-t-il, plaidant là aussi pour « une responsabilisation accrue concernant les passages injustifiés aux urgences ».
Concernant les patients précarisés, le député insiste sur le maintien des mécanismes de protection existants, notamment le statut BIM et le maximum à facturer (MAF). « Le but n’est absolument pas de pénaliser les personnes malades, mais de préserver durablement un système de santé accessible, efficace et soutenable financièrement », assure-t-il.
L’entretien aborde enfin le rôle de l’industrie pharmaceutique, que le Dr Jean-François Gatelier défend comme « un secteur d’excellence » pour la Belgique. Il met en garde contre un recul des investissements et rappelle que le pays reste un acteur majeur en matière d’essais cliniques et de production vaccinale.
1 200 € pour un smartphone jetable… mais 2€ de plus pour un médicament deviennent un scandale ? Nous acceptons l’obsolescence des téléphones, mais pas celle de notre système de santé.
— Gatelier Jean-François (@gatelierjf) May 17, 2026
Ton abonnement Netflix vient de passer de 13,49 € à 15,99 €. Tu as râlé deux minutes, mais…









Derniers commentaires
Catherine LE CLEMENT DE SAINT-MARCQ
21 mai 2026100% d'accord il faut RESPONSABILISER LES PATIENTS et leur apprendre à passer d'abord par le généraliste et ne pas se précipiter pour de la bobologie aux urgences ou même directement chez le spécialiste; Il y aurait beaucoup d'économie à faire
Robin GUEBEN
21 mai 2026Si Dr Gatelier veut mieux gagner sa vie, qu'il se déconventionne et qu'il demande des tarifs incitatifs pour les pathologies à voir et des tarifs dissuasifs sur les non-pathologies "crocodile bleu" qu'un médecin ne doit pas voir.
(Comme tout bon médecin libéral).
Un médecin n'a pas à culpabiliser les patients, c'est contraire au Serment d'Hippocrate. Aller dans les jupes de l'État et lui tirer la corde pour augmenter les dépenses des cotisations sociales, c'est tellement années 80 comme mode de fonctionnement.
Robin GUEBEN
21 mai 2026Gatelier est généraliste de l'ancienne génération X/boomer. Prototype du médecin qui surfe sur la vague de croissance des soins de santé.
Un médicament ne coûte pas peu cher parce qu'il est facile à produire mais parce qu'il est sorti de ses brevets. Le coût cher de la marque sert à payer l'innovation, mais un coût cher pour les génériques va se transformer en taxe de dissuasion pour les maladies chroniques (diabète, IRC, ...) ou des facteurs de risque de la prévention (HTA, choléstérol, ...) et on va se retrouver avec des pathologies extrêmement dégradées pour augmenter le salaire des Dr Gatelier de Belgique et de Big Pharma.
La stupidité à l'État pur.