Les jeunes médecins hospitaliers anglais ont entamé vendredi une grève de cinq jours pour réclamer une revalorisation salariale face à l’inflation. Ce nouveau débrayage, le treizième depuis mars 2023, intervient alors que le NHS traverse une crise profonde avec des délais d’attente records et des difficultés de recrutement.
La mobilisation touche essentiellement les junior doctors, équivalents des médecins assistants candidats spécialistes en Belgique, qui représentent près de la moitié du personnel médical en Angleterre. Leur syndicat, la British Medical Association (BMA), revendique une augmentation d’environ 26 % afin de compenser ce qu’elle décrit comme une érosion du pouvoir d’achat depuis plus d’une décennie.
Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, refuse cependant d’accéder à cette demande. Il rappelle que ces médecins ont bénéficié de près de 30 % d’augmentation cumulée sur trois ans et assure avoir proposé plusieurs mesures destinées à améliorer leurs conditions de travail. Il estime que le gouvernement « ne se laissera pas prendre en otage » et accuse le syndicat « de mettre en péril le futur du NHS ».
Les conséquences du mouvement risquent d’être importantes dans un système déjà fragilisé. La direction du NHS a appelé les hôpitaux à maintenir 95 % de l’activité programmée au cours des cinq prochains jours, mais de nombreuses perturbations restent attendues. Lors de la précédente grève de juillet, également de cinq jours, quelque 54 000 consultations et interventions avaient été annulées ou reportées. Le coût direct pour le service de santé avait alors atteint 300 millions de livres.
Si la BMA maintient sa ligne de revendication, l’adhésion des jeunes médecins semble moins homogène qu’auparavant. Selon un sondage Savanta cité dans la presse britannique, seuls un tiers d’entre eux soutiendraient pleinement la nouvelle grève malgré les engagements récents du gouvernement en matière de conditions de travail.
Dans un contexte de files d’attente prolongées, de postes vacants et d’attrition du personnel, cette nouvelle confrontation entre les résidents et l’exécutif britannique prolonge l’incertitude autour de la capacité du NHS à stabiliser ses effectifs et à réduire la pression sur les services hospitaliers.
Lire aussi : Près d’un tiers des généralistes britanniques pourraient quitter la NHS d’ici cinq ans








