Grâce à la progression modérée des coûts, les résultats d’exploitation des hôpitaux belges se redressent un peu en 2024, tout en restant négatifs. La croissance des honoraires et des revenus pharmaceutiques améliore le chiffre d’affaires. Néanmoins, trois quarts des hôpitaux sont fragiles sur le plan financier.
L’année passée, le résultat d’exploitation des hôpitaux généraux a enregistré une amélioration, mais il reste légèrement négatif à 29 millions (soit -0,1 % seulement du chiffre d’affaires) contre un déficit de 174 millions en 2023 (soit -0,8 % du chiffre d’affaires). « Entre 2019 et 2022, ce résultat d’exploitation se situait entre 100 et 150 millions EUR, soit entre +0,6 % et +0,9 % du chiffre d’affaires », expliquent les auteurs du rapport Maha de Belfius. « Ce redressement partiel est principalement imputable à une progression plus modérée des coûts d’exploitation (+5,8 %) par rapport au chiffre d’affaires (+6,3 %) et à l’ensemble des produits d’exploitation (+6,5 %). Selon notre estimation basée sur les données du 1er semestre, le résultat d’exploitation pourrait se dégrader légèrement en 2025 (-0,3 % du chiffre d’affaires). »
8 milliards d’honoraires
Ce sont surtout les honoraires (36,5 % du CA, +8,3 %) et les revenus des produits pharmaceutiques (20,6 % du CA, +8,5 %) qui soutiennent la progression du chiffre d’affaires global en 2024. Il est passé de 20.529 millions d’euros en 2023 à 21.824 millions d’euros en 2024. À contrario, l’augmentation du Budget des Moyens Financiers (BMF, y compris rattrapages), qui représente 34,8 % du chiffre d’affaires, se limite à +2,5 % en 2024.
« Les honoraires des médecins ont augmenté de 8,3 % pour s’établir à près de 8 milliards d’euros. Cela résulte principalement de l’indexation des honoraires de 6,05 % appliquée le 1er janvier 2024. Sur la base d’une enquête réalisée auprès des hôpitaux portant sur les chiffres relatifs au premier semestre 2025, nous nous attendons à une progression plus modérée des honoraires (soit 3,4 %), en raison du recul de l’indexation », avancent les auteurs de l’étude. « Le revenu issu des produits pharmaceutiques représente une part de plus en plus importante du chiffre d’affaires au fil des années (20,6 % en 2024 contre 19,1 % en 2019). »
La progression du chiffre d’affaires a également été soutenue par d’autres catégories de revenus d’importance plus modeste, tels que les forfaits Inami (+9,3 %).
Quant à la progression plus modérée des coûts d’exploitation, les analystes l’expliquent principalement par le ralentissement du taux de croissance du coût du personnel (+4,6 %) ainsi que des achats (+4,8 %). À contrario, les services et biens divers progressent de 7,5 %. Par exemple, la rétribution des médecins est passée de 4.901 millions d’euros en 2023 à 5.288 millions d’euros en 2024.
Grande disparité
Le résultat courant s’améliore tout en restant déficitaire. Il passe de -174 millions d’euros en 2023 à -42 millions en 2024. « Bien qu’en amélioration, le résultat courant s’établit en termes relatifs à -0,2 % du chiffre d’affaires, soit un niveau trop faible pour permettre au secteur d’effectuer les investissements nécessaires et de le protéger contre de nouveaux chocs exogènes », peut-on lire dans l’étude. « Ce résultat courant pourrait se dégrader légèrement en 2025 (-0,4 % du chiffre d’affaires) et rester donc déficitaire pour la quatrième année consécutive. »
Comme d’habitude, le secteur se caractérise par de grandes disparités entre les performances financières des hôpitaux. « Sur les 80 hôpitaux généraux, 37 présentent un résultat courant déficitaire. Parmi les 43 hôpitaux qui affichent un bénéfice, 18 institutions seulement arrivent à générer un résultat courant supérieur à 1 % du chiffre d’affaires, que l’on peut considérer comme suffisamment robuste. En d’autres termes, plus de trois quarts des hôpitaux se trouvent dès lors dans une situation de fragilité financière. »
L’étude pointe les disparités régionales. Le résultat courant s’élève en moyenne à +0,4 % du chiffre d’affaires en Flandre, en léger déficit en Wallonie (-0,6 %) et en déficit plus prononcé à Bruxelles (-1,9 %).
Au final, le résultat de l’exercice (247 millions d’euros) est dopé par le résultat exceptionnel, qui provient principalement des révisions opérées par la Santé publique pour les exercices précédents et par la régularisation des aides accordées dans le cadre de la crise sanitaire.
Mesures d’économies
Dans leur analyse, les experts font part de leurs inquiétudes sur l’avenir des hôpitaux généraux belges. « L’ensemble des transformations du secteur devront s’opérer dans un cadre budgétaire de plus en plus contraint. Si le secteur hospitalier a pu compter sur les interventions financières importantes des pouvoirs publics lors de la crise du Covid-19, les différents niveaux de pouvoir sont actuellement contraints d’assainir leurs propres comptes publics. Les soins de santé et les hôpitaux, en particulier, sont potentiellement directement et indirectement impactés par les mesures d’économies budgétaires envisagées par le gouvernement, portant sur les honoraires, les produits pharmaceutiques ou encore une hausse éventuelle de la TVA. Ce contexte d’incertitude pèse déjà actuellement sur les projets d’investissements futurs. Or, le niveau actuel des investissements est certainement insuffisant pour préparer le secteur hospitalier belge à l’organisation des soins du futur tout en permettant aux hôpitaux de réduire leur empreinte environnementale. »
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Derniers commentaires
Bernard Van Lierde
21 novembre 2025En effet. En douce , sans élever la voix, avec une ´ responsabilisation ´ qui n en porte que le nom, experts dans l art de dévier le débat vers d autres responsables, sabs jamais se remettre en question, avec des budgets qui augmentent tranquillement d année en année, de nombreux investissements immobiliers, cliniques ( sous prétexte qu il faut y éteindre l incendie comme des vautours sur une proie facile), hôtel, polycliniques, dont certains responsables refusent de dévoiler leurs salaires au nom de la ´ vie privée ´ alors que le corps médical est pointé du doigt et sous contrôle de SCEM inamien, dont bcp de responsables haut placés sont en collusion totale avec le monde politique belge ministres administrations partis de toutes couleurs qui les ´ couvre ´ et n oserait jamais les affronter de face, dont les frais administratifs ont été fatalement fort diminués de par la digitalisation ( dont sont responsables in fine… les médecins qui se font dont entuber par tous les côtés comme d habitude et la litanie s égrène monotone en une longue plainte infinie. ..
Il y a des médecins ´ fraudeurs’ oui mais la fraude mutuelle est systématisée et structuraliste comme jamais dabs çe beau pays.
On est en Belgique et certains le savent TRÈS BIEN et n ont qu un espoir : que ca CONTINUE tranquillement comme ca et surtout SANS BRUIT avec des rémunérations et pensions FARAMINEUSES de ´ responsables ´ issus du milieu … politique fatalement car s il y a bien un mot qui reste accolé depuis toujours au mot politique c est le mot SCANDALE. Sauf qu ici avec les mutuelle tout se passe dans le silence ou la fausse indignation.
Cont8nuez comme ca messieurs, tant que vous trouver des médecins ( avec 6 à 12 ANS D ÉTUDES que VOUS n avez JAMAIS DU FAIRE ) qu est ce que ca peut vous faire. Vous vous en FICHEZ ÉPERDUMENT tant que l argent vous tombe dans l escarcelle à la fin du mois et après la PENSION pour ´ bons et loyaux ´ ???????? services rendus à la nation et surtout à VOUS MÊMES ( haut ) fonctionnaires véreux et si indulgents avec vous même. Je ne vise bien sûr pas ici le petit fonctionnaire s il faut son travail mais bien ce qui se trame TOUT EN HAUT.
Veronique De Blay
20 novembre 2025Et pendant ce temps les mutuelles s’enrichissent …..