Les services d’ambulances étouffent

Le secteur du transport urgent se trouve actuellement dans une phase de transition. Les services d’ambulances sont demandeurs d’une modernisation de leur mode de financement… et un premier pas a été faitaujourd’hui en ce sens. Les 35 millions alloués à ce poste restent toutefois passablement justes: d’après les experts, il en faudrait plus de 100 !

Pour ne rien bloquer, les services concernés recevront cet été encore des informations sur l’augmentation de leurs subsides de permanence forfaitaires, qui servent avant tout à couvrir les coûts en personnel – une mesure qui avait déjà été approuvée par la ministre De Block. À partir de l’année prochaine et jusqu’en 2021, ces forfaits seront ensuite affinés sur la base de l’enregistrement obligatoire dans le système Ambureg, ce qui permettra par exemple de prendre davantage en compte un critère comme la distance moyenne d’un trajet (indemnité d’activation).

D’après les données fournies par les services eux-mêmes, les ambulances du 112 ont réalisé près de 600.000 interventions dans notre pays en 2017. La quasi-totalité des services ont renvoyé leurs données (taux de couverture proche de 100 %), ce qui est indéniablement un bon début.

À ces 600.000 prestations ambulancières viennent s’ajouter les quelque 100.000 sorties des Smurs et les 30.000 à 40.000 interventions des PIT.

La réforme du financement intègre également l’exigence du gouvernement d’assurer une meilleure sécurité tarifaire aux patients. D’après les experts, la contribution de ces derniers s’élèverait actuellement à 60 euros mais devrait progressivement augmenter pour atteindre 65 euros – un forfait qui, soit dit en passant, doit être suffisamment élevé pour décourager l’utilisation de ces services à mauvais escient.

La transition de l’ancien système de financement au nouveau s’étalera sur plusieurs années, au cours desquelles les éventuels manques seront compensés au départ de l’enveloppe globale. Au cours de cette période, les services ne pourront pas toucher moins que dans l’ancien système. Ce mécanisme de compensation disparaîtra toutefois en 2022 ; dans l’intervalle, le système d’enregistrement Ambureg sera en effet pleinement fonctionnel et livrera donc des données fiables concernant les trois années de transition. C’est sur ces informations que reposera par la suite le nouveau mode de financement.

Tensions

Une indemnité d’activation reposant principalement sur la distance moyenne du trajet pourrait être à l’origine de tensions importantes, la situation des villes étant sensiblement différente de celle des régions rurales. Ceci fait craindre aux services concernés de recevoir moins de moyens que les années précédentes et donc d’être soumis à des économies déguisées.

Ce qui précède concerne uniquement le transport urgent. Le transport médical non urgent, qui relève des communautés, est toutefois également en pleine mutation ; début juillet, le gouvernement flamand est ainsi parvenu à un accord sur les arrêtés d’exécution. On commence aussi tout doucement à y voir plus clair dans les exigences de qualité qui entreront en vigueur en 2019 dans ce secteur qui n’était, jusqu’ici, pas du tout réglementé.

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes un patient interessé par des informations médicales validées, consultez notre site grand public www.vivasante.be.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.