Les QCM à points négatifs vont-ils bientôt disparaître du concours en médecine ?

Le système de questions à choix multiples (QCM) à points négatifs utilisé lors du concours d’entrée en médecine et dentisterie fait l’objet de critiques récurrentes, notamment en raison de son potentiel biais de genre. La députée Valérie Dejardin (PS) a interpellé le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à ce sujet au Parlement, appelant à une réforme.

« Plusieurs études existent : celle de Stefan Dab, de la Solvay Brussels School, et de Catherine Dehon, de l’Université libre de Bruxelles (ULB), qui attirent l’attention sur le fait que les garçons réussissent significativement mieux que les filles l’examen organisé pour la première fois en 2017 », a-t-elle rappelé. Elle cite également une autre publication, menée par MM. Braibant, Gérard et Billat, intitulée “QCM à points négatifs au début de l’enseignement universitaire”, qui « démontre le biais de genre de cette modalité d’évaluation ».

Selon l’élue, l’autonomie pédagogique ne devrait pas s’appliquer à cette épreuve. « En ce qui concerne le concours en médecine et en dentisterie, cette autonomie est plus que contestable. En effet, cette évaluation est fixée par décret. Un amendement à ce dernier pourrait interdire ce mode d’évaluation. Une révision du concours en médecine et en dentisterie sera-t-elle menée par votre gouvernement pour l’année 2026-2027 ? », a-t-elle interrogé.

Une réflexion en cours

Interpellée, la ministre-présidente en charge de l’Enseignement supérieur, Élisabeth Degryse, a confirmé qu’une réflexion est en cours sur les modalités d’évaluation. « L’ARES a créé un groupe de travail, qui m’a remis son rapport. Je vais donc retenir vos observations et engager une réflexion sur les modalités d’évaluation, en respectant la balance des intérêts entre égalité de traitement et souveraineté du jury. »

Elle précise que « les membres du groupe de travail ont reconnu que d’autres modalités existent pour contrer l’effet du hasard sans recourir aux points négatifs ». Et d’ajouter : « J’entends dès lors inviter le jury à considérer ces autres modalités. Je ne peux cependant pas m’engager sur l’aspect temporel de cette réflexion et sur la mise en œuvre éventuelle des conclusions du groupe de travail. »

Le CIUM demande des changements rapides

Du côté des étudiants, le Conseil interuniversitaire des étudiants en médecine (CIUM) plaide depuis longtemps pour une réforme. « Cela fait plusieurs années que les points négatifs sont remis en question par les étudiants et étudiantes, en raison de leur manque de pertinence dans la cotation des capacités académiques », a souligné son président, Loïc Mikus.

Face à la limitation du nombre de places en médecine, le CIUM estime qu’« une réaction est nécessaire ». « Nous espérons donc que des modifications seront apportées à l’actuel concours d’entrée afin de permettre aux étudiants l’accès aux études qui leur correspondent, d’autant plus dans le contexte de l’accroissement de la pénurie », poursuit Loïc Mikus.

Et de conclure : « Il faut éviter l’exclusion de nombreux étudiants, et surtout étudiantes, qui auraient tout à fait leur place dans les études de médecine. De manière générale, nous invitons également les enseignants du monde universitaire à mettre en place une évaluation plus équitable des connaissances. »

> Découvrir l’étude mentionnée 

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