Un Wallon sur cinq ignore l'existence des normes médicales minimales à respecter pour conduire un véhicule, ressort-il jeudi d'une enquête menée par l'Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR).
Conduire est une activité complexe qui mobilise simultanément de nombreuses capacités, telles que l'attention, la coordination, l'anticipation ou encore la perception de son environnement, explique l'AWSR. Certaines situations médicales peuvent altérer ces capacités et accroître le risque d'accident, tant pour le conducteur que pour les autres usagers de la route.
Plusieurs problèmes de santé peuvent avoir un impact direct sur la conduite. "Il s'agit notamment de pathologies entraînant une diminution ou une perte de mobilité ou de force, qui peuvent compliquer les mouvements de la tête, la manipulation du volant ou l'utilisation des pédales", détaille Thierry Gillain, médecin référent au sein du Département d'Aptitude à la Conduite (DAC) de l'AWSR. "On pense également aux pathologies susceptibles de provoquer des malaises au volant, comme certains troubles cardiaques, le diabète avec risque d'hypoglycémie ou encore l'épilepsie."
Le médecin évoque aussi certaines affections neurologiques ou psychiatriques qui peuvent altérer le comportement et le jugement, ou entraîner une absence de conscience de ses propres limitations. "Des troubles de l'attention ou des anomalies graves du sommeil comme les apnées, ainsi que des problèmes de vision peuvent aussi réduire significativement la sécurité au volant", ajoute-t-il.
En Belgique, les conducteurs prennent connaissance des normes médicales lorsqu'ils demandent le permis de conduire. Ils doivent alors signer une déclaration sur l'honneur confirmant qu'ils ne présentent aucun problème de santé incompatible avec la conduite.
Par la suite, en cas de modification de leur état de santé, ils doivent consulter un professionnel de santé afin d'évaluer leur aptitude à la conduite. Le médecin est le premier interlocuteur. Selon la situation, il peut délivrer directement une attestation d'aptitude ou d'inaptitude. Toutefois, s'il le juge nécessaire, il orientera le patient vers le DAC pour une évaluation plus approfondie.
"Chaque année, environ 2.300 conducteurs et futurs conducteurs sont ainsi évalués à travers différents bilans médicaux et un test pratique sur la route", précise l'AWSR. "Environ 95% d'entre eux sont déclarés aptes à la conduite, moyennant, pour la majorité, des adaptations du véhicule (environ 40% de toutes les décisions) et/ou des conditions particulières d'utilisation du permis (environ 20%)."
Il est toutefois probable que tous les conducteurs concernés n'abordent pas spontanément la question de leur aptitude à conduire avec un professionnel de la santé, de peur notamment de perdre leur permis.
Pour attirer l'attention des conducteurs sur l'impact que l'état de santé peut avoir sur la conduite, l'AWSR lance une nouvelle campagne. L'agence les invite par ce biais à consulter un médecin afin de vérifier s'ils sont aptes à prendre la route. Déclinée en trois vidéos, l'action de sensibilisation établit un parallèle avec le contrôle technique obligatoire des véhicules.
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Claude Leroy
12 février 2026Je connais un jeune amateur de voitures qui n'a pas voulu arrêter de conduire malgré deux crises d'épilepsie liées à une tumeur cérébrale bénigne qu'il refusait de faire enlever. Arriva ce qui devait arriver... Il a survécu à l'accident, mais avec des séquelles fonctionnelles importantes aux membres inférieurs.