Le Top 25 des médicaments qui pèsent le plus sur les dépenses (Inami)

Les 25 principes actifs les plus coûteux pour l’assurance soins de santé ont représenté 1,37 milliard d’euros en 2025, soit 36 % des dépenses nettes de médicaments délivrés en officine publique. Le classement publié par l’INAMI montre aussi le poids croissant des traitements spécialisés et des thérapies coûteuses destinées à de petits groupes de patients.

Les 25 principes actifs qui ont généré les dépenses les plus élevées pour l’assurance obligatoire dans le secteur ambulatoire ont représenté 1,374 milliard d’euros en 2025. Ils concentrent 36 % des dépenses nettes de médicaments, après déduction de la quote-part des patients, mais seulement 19 % du volume des traitements exprimé en DDD. Les éventuels versements des firmes dans le cadre de conventions relevant notamment des articles 81/111 ne sont pas déduits de ces montants.

Le classement concerne uniquement les médicaments délivrés par les officines publiques. À côté de ce Top 25, 676 autres principes actifs sont remboursés en ambulatoire.

Les anticoagulants aux deux premières places

Avec 115,65 millions d’euros de dépenses pour 163.620 patients, l’apixaban occupe la première place, devant l’edoxaban, à 95,42 millions pour 125.064 patients. Ces deux nouveaux anticoagulants oraux (NOAC) illustrent l’évolution intervenue en une quinzaine d’années : les NOAC représentent désormais 81 % des DDD parmi les anticoagulants, contre 14 % pour les héparines et 4 % pour les antagonistes de la vitamine K.

À la troisième place, l’emicizumab atteint 94,22 millions d’euros pour seulement 278 patients traités contre l’hémophilie. L’INAMI s’attend à une progression de leur nombre avec le remplacement progressif des préparations à base de facteur VIII.

L’adalimumab est quatrième, avec 90,62 millions d’euros pour 18.974 patients, malgré les baisses de prix liées à l’arrivée des biosimilaires. Il est suivi par le sémaglutide, qui représente 86,02 millions pour 88.473 patients. Le pantoprazole (70,53 millions), l’empagliflozine (65,15 millions), le dupilumab (58,12 millions), le risankizumab (56,66 millions) et l’association rosuvastatine-ézétimibe (56 millions) complètent le Top 10.

Des évolutions importantes en un an

La plus forte hausse en valeur concerne le dupilumab, dont les dépenses progressent de 20,17 millions d’euros entre 2024 et 2025. Suivent le risankizumab (+15,33 millions), l’association rosuvastatine-ézétimibe (+14,48 millions), la dapagliflozine (+12,90 millions), l’inclisiran (+11,66 millions) et l’empagliflozine (+11,02 millions). À l’inverse, les dépenses liées à l’ustékinumab reculent de 22,77 millions d’euros et celles du pantoprazole de 2,68 millions.

Onze molécules pour moins de 10.000 patients

Le nombre de patients apporte une autre lecture du classement. Onze des 25 molécules sont délivrées à moins de 10.000 personnes et correspondent généralement à des traitements chroniques dont le coût quotidien est élevé. L’INAMI cite notamment les immunosuppresseurs et les traitements contre l’hémophilie ou le VIH. En 2005, seules trois molécules de ce type figuraient dans le Top 25.

À l’autre extrême, certains médicaments sont délivrés à des populations considérables pour un coût quotidien relativement faible. Le pantoprazole a ainsi concerné 1,66 million de patients en 2025 et constitue, après le vaccin contre la grippe, la molécule délivrée au plus grand nombre de patients. La metformine a concerné 720.554 patients et l’atorvastatine 646.178.

Un Top 25 de plus en plus spécialisé

Le profil du classement a fortement évolué. En 2025, 13 des 25 principes actifs sont prescrits à plus de 50 % par des spécialistes, contre quatre en 2007 et un seul en 1997.

Cette évolution apparaît dans plusieurs des traitements les plus coûteux. L’adalimumab est prescrit à 100 % par des spécialistes, le risankizumab à 98 %, l’upadacitinib à 97 %, le dupilumab et l’ustékinumab à 96 %, et l’emicizumab à 91 %. Pour l’adalimumab, l’INAMI précise que 53 % des prescriptions proviennent des rhumatologues, 28 % des gastro-entérologues et 10 % des dermatologues. Le dupilumab, principalement utilisé dans la dermatite atopique sévère, est prescrit à 80 % par des dermatologues.

Trois nouvelles entrées en 2025

L’inclisiran et l’acide bempédoïque, deux hypolipidémiants remboursés depuis 2022, sont les principes actifs les plus récemment admis au remboursement parmi ceux du Top 25. Ils font leur première apparition dans le classement en 2025, respectivement aux 17e et 24e places, avec 40,05 et 31,91 millions d’euros de dépenses. Le vedolizumab entre lui aussi dans le Top 25 cette année, à la 25e place, avec 31,74 millions d’euros.

À l’autre bout du classement historique, l’atorvastatine, remboursée depuis 1998, figurait déjà dans le Top 25 en 1999 et occupe encore la 23e place en 2025.

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