Le Comité Inter-Universitaire des Étudiants en Médecine (CIUM) réagit à l’annonce de l’intégration de la médecine de guerre au sein du cursus général des études de médecine. La mesure, prise par le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) en concertation avec le SPF, prévoit dès la prochaine rentrée académique l’introduction « de cours optionnels ainsi qu’un master de spécialisation en médecine de guerre », indique lundi le comité étudiant dans un communiqué.
Pour le CIUM, l’ajout de ces enseignements soulève d’abord la question de « la pertinence » dans un programme déjà sous forte tension. L’organisation pointe « la saturation actuelle du parcours académique » et craint qu’une nouvelle charge ne pèse davantage sur des étudiants confrontés à « une pression académique importante ».
« Les études de médecine se caractérisent déjà par une charge horaire et une charge de travail particulièrement élevées à tous les niveaux du cursus », souligne le nouveau président du CIUM, Elias Fariss (photo). En l’absence d’une réflexion approfondie sur les défis du cursus actuel, « toute addition de cours pourrait empiéter sur la qualité globale de la formation ».
Le comité estime également que plusieurs aspects présentés comme spécifiques relèvent déjà d’enseignements existants. « Une partie des compétences évoquées dans le cadre de la médecine de guerre est déjà enseignée au sein des cours de médecine d’urgence, de chirurgie ou de réanimation », rappelle-t-il, évoquant un risque de contenus « difficiles, voire redondants ».
Au-delà de la question du programme, le CIUM insiste sur la nature même de la discipline. La médecine de guerre constitue « une spécialité à part entière, requérant une formation approfondie de personnel médical déjà expérimenté ». Les cours envisagés dans le cadre des études générales ne pourraient être « au mieux (…) qu’une introduction théorique » et « ne sauraient en aucun cas constituer un gage de compétence suffisante » face à des traumatismes complexes.
Le comité met aussi en garde contre « toute surestimation quant aux compétences réellement acquises » dans un cadre académique classique, rappelant que ces pratiques restent réservées à « des professionnels formés en médecine aiguë, en médecine d’urgence, en anesthésie-réanimation ou en chirurgie ».
Dans cette logique, la spécialisation en médecine de guerre apparaît comme une « surspécialisation » qui doit rester destinée aux professionnels concernés. Une voie d’accès plus cohérente passerait par « le recrutement au travers de la Défense plutôt que du système civil », estime encore le CIUM.
L’organisation étudiante s’interroge enfin sur la portée symbolique de la réforme, susceptible de « participer à habituer l’opinion publique à l'idée d’un contexte de guerre ». La formation médicale doit au contraire rester centrée sur « une logique de prévention, de résilience et de santé publique ».
En conclusion, le CIUM juge que cette intégration « ne peut être envisagée qu’au sein de mesures plus larges visant à renforcer la résilience globale du système de santé » et plaide pour « la concertation entre autorités, représentants compétents des facultés, responsables enseignants et syndicats étudiants » afin de préserver la qualité de la formation et le bien-être des futurs médecins.
Lire aussi: La médecine de guerre va devenir une matière obligatoire pour les futurs médecins









Derniers commentaires
Hubert PEPIN
21 février 2026je pense que cette formation - même avec un abord incomplet / superficiel et peut être sans implication direct dans l’option de carrière future est importante - elle aborde la façon de faire face à des cliniques inattendues , violentes , complexes avec des moyens différents de ce qu’un plateau hospitalier propose . Aucun medecin n’est à l’abris de croiser dans sa carrière une situation relevant d’un attentât , d’un accident de masse , d’une catastrophe et alors ces quelques notions seront utiles …
Benoit Skrzypek
16 février 2026on voit où se situent les priorités : medecine de guerre versus nutrition ...