L’année prochaine, le trajet de démarrage diabète de type 2 sera renouvelé automatiquement. Cette simplification administrative, demandée par les généralistes, devrait booster le recours à ce dispositif de prise en charge du diabète.
Le trajet de démarrage diabète de type 2 remplace le pré-trajet diabète depuis janvier 2024 et complète le trajet de soins diabète de type 2 et la convention diabète qui existaient déjà avant. Une manière d’anticiper la prise en charge du patient diabétique?
Mickaël Daubie, directeur général soins de santé de l’Inami: Nous avons construit ce continuum de prise en charge un petit peu à rebours. Dans la mesure où, avec les conventions et les trajets de soins, nous avions commencé par nous occuper des patients qui étaient les plus atteints par la maladie.
Et comme le saumon qui remonte la rivière, avec le trajet de démarrage, nous nous nous occupons des patients qui viennent d’être diagnostiqués diabétiques, mais qui en raison du stade débutant de la maladie ne doivent pas encore bénéficier du trajet de soins et encore moins de la convention.
Ces trois «wagons» s’emboîtent parfaitement dans un vrai continuum qui évolue avec la maladie et les besoins des patients. L’objectif est de remonter la prise en charge dès le diagnostic et d’améliorer la prévention.
Quels sont les conditions d’inclusion pour le trajet de démarrage?
Le patient doit avoir un diagnostic de diabète. Il doit aussi avoir un DMG, ce qui est déjà le cas de 9.460.609 Belges.
Quel est l’objectif de ce dispositif?
Plus la maladie est traitée tôt, plus on en retarde l’évolution négative. Cette approche a un impact réel pour le patient et pour l’assurance soins de santé puisqu’on réduit ou on retarde l’apparition de complications.
Si à un moment donné, le patient doit s’inscrire dans un trajet de soins ou dans une convention, il y aura eu un continuum de soins adaptés.
Quels sont les avantages du trajet de démarrage pour le patient diabétique?
Nous lui proposons 4 séances d’éducation au diabète gratuites par an. Ces séances sont évidemment prescrites par un médecin généraliste, qui est le pivot du trajet de démarrage.
Dans un trajet de démarrage, les séances d’éducation au diabète peuvent être individuelles ou collectives, et dispensées par des prestataires avec des profils différents: infirmiers, diététiciens, kinés, podologues ou encore pharmaciens. En fonction de la situation spécifique du patient, l’éducation pourra avoir une connotation un peu différente.
Il est important de signaler que dans le cadre du trajet de démarrage, il n’y a pas de restrictions pour participer aux séances d’éducation. Par le passé, pour le pré-trajet diabète, le patient devait répondre à certains critères (BMI…)
Dès que le diagnostic est posé et que le médecin généraliste estime que le patient peut bénéficier du trajet de démarrage, ce dernier a le droit de suivre quatre sessions d’éducation au diabète. C’est une plus-value en termes d’accessibilité.
Le patient bénéficie également de la gratuité, une fois par an, d’un bilan dentaire chez le dentiste, de deux séances de diététique et de deux séances de podologie en cas de risque podologique aggravé.
Le médecin généraliste reçoit un honoraire complémentaire pour accompagner le patient dans ce trajet, mais les consultations sont payantes et remboursées selon les mêmes conditions que toute autre consultation chez un médecin généraliste.
L’autre avantage de ce système par rapport au trajet de soins est qu’il ne faut pas établir un contrat entre le patient et les médecins. Il ne faut pas non plus l’avis du médecin-conseil de la mutuelle. La simple facturation du code nomenclature ad hoc suffit pour que ce trajet existe et soit reconnu au niveau des mutualités.
L’autre élément avantageux est qu’à partir de 2026, il y aura un renouvellement automatique du trajet de démarrage. C’était une demande forte de la part des généralistes, parce que précédemment, pour le pré-trajet, il fallait chaque année le renouveler. Parfois, les médecins le perdaient de vue.
Tant que le patient garde un DMG et qu’il ne bascule pas vers un trajet de soins ou vers une convention - ce que les mutuelles peuvent parfaitement contrôler - le renouvellement sera automatique.
Le nombre de séances d’éducation au diabète augmente-il?
En 2023, 10.000 séances d’éducation au diabète avaient été organisées dans le cadre des pré-trajets. On a quasiment doublé l’éducation au diabète en 2024. L’accompagnement du patient s’améliore nettement.
Est-il facile de recruter des éducateurs?
Dans certaines parties de la Belgique, il y a une pénurie d’éducateurs. Ils se plaignaient de certaines lourdeurs administratives et de difficultés de communication que nous allons résorber, notamment grâce à la prescription électronique. Il faut encore améliorer le système. Par ailleurs, leurs honoraires ont récemment été revalorisés de près de 25%.
Combien de patients suivent le trajet de démarrage depuis son lancement? Est-ce un succès?
C’est un succès. En 2023, il y avait 100.000 pré-trajets. En 2024, l’année de l’introduction du trajet de démarrage, 150.000 trajets ont été initiés, soit 50% de patients en plus. Et au 31 août 2025, on était déjà à 150.000 trajets initiés. Cette augmentation est positive et importante.
Ce succès est d’abord dû à la simplification des démarches: absence de contrat et de critères à renseigner.
En théorie, combien de patients diabétiques devraient-ils suivre ce trajet de démarrage en Belgique?
La prévalence du diabète en Belgique est de 10%. Cette maladie concerne un million de Belges. Parmi eux, plus d’une personne sur trois ne sait pas qu’elle est atteinte de la maladie. En comptant les patients inclus dans le trajet de soins (126.641 patients en 2024) et la convention (115.387 adultes et 4.083 enfants en 2024), il y a donc encore une marge de progression pour inclure des patients dans le trajet de démarrage.
Au niveau de la participation au trajet de démarrage, nous constatons des différences régionales. C’est également le cas pour le trajet de soins. Le recours au trajet de démarrage est plus important en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles.
Avec ce trajet de démarrage, le trajet de soins et la convention diabète, la Belgique dispose de plusieurs programmes spécifiques pour la prise en charge du diabète. Un must?
Absolument. Au niveau international, nous sommes reconnus pour cette offre complète. Nous avons plusieurs dispositifs de qualité, mais nous avons encore une marge de progression pour augmenter la participation des patients et des médecins.








