Près d’un Belge sur trois éprouve des difficultés à comprendre, évaluer ou utiliser correctement les informations liées à la santé. Face à ce constat, le SPF Santé publique lance la campagne nationale «Dites-moi…», destinée à encourager les patients à poser davantage de questions aux professionnels de santé. L’initiative, développée avec plusieurs partenaires institutionnels et médicaux, repose sur trois questions simples visant à améliorer la compréhension des soins et l’adhésion thérapeutique.
Selon l’Enquête de santé 2018 de Sciensano, 27,8 % des Belges âgés de 15 ans et plus présentent un niveau limité de littératie en santé et 5,6 % un niveau insuffisant. Au total, 33,4 % de la population rencontre donc des difficultés pour comprendre des informations médicales, s’orienter dans le système de soins ou utiliser correctement les outils numériques liés à la santé.
Le SPF Santé publique rappelle que la « health literacy » ne se limite pas à la capacité de lire une prescription ou une brochure médicale. Elle englobe également la recherche d’informations fiables, la compréhension des explications données par les professionnels, la gestion des démarches administratives ou encore l’utilisation des plateformes numériques de santé.
Les disparités sont particulièrement marquées selon le niveau d’instruction. Plus de la moitié des personnes sans diplôme ou disposant uniquement d’un diplôme primaire présentent une faible littératie en santé. Cette proportion atteint également 44,6 % chez les personnes ayant un niveau secondaire inférieur. Les personnes âgées sont aussi davantage concernées : 45,5 % des plus de 75 ans présentent un faible niveau de littératie en santé.
Le SPF souligne qu’une compréhension insuffisante des informations médicales est associée à une moins bonne adhésion aux traitements, à des difficultés dans la prise en charge des maladies chroniques, à un recours accru aux services d’urgence ainsi qu’à des taux d’hospitalisation plus élevés. Les autorités sanitaires estiment également que cette situation contribue au renforcement des inégalités sociales de santé.
Le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke estime que « des soins de santé de qualité commencent par un véritable échange avec votre médecin, votre kinésithérapeute, votre infirmier ». Selon lui, une meilleure compréhension du système de soins permet aux patients de participer davantage aux décisions qui les concernent et favorise leur rétablissement.
La campagne s’appuie sur la méthode internationale « Ask Me 3 », déjà utilisée dans plusieurs pays. Elle encourage les patients à poser systématiquement trois questions lors d’une consultation : « Qu’est-ce que j’ai exactement ? », « Que pouvons-nous faire ? » et « Pourquoi est-ce important pour moi ? ».
Le SPF Santé publique précise que ces questions peuvent être utilisées dans tout type de consultation ou de prise en charge. L’objectif est d’aider les patients à clarifier les informations reçues et à mieux comprendre les implications concrètes des traitements ou des conseils de prévention.
La campagne cible également les professionnels de santé. Les institutions et prestataires qui en ont fait la demande reçoivent un kit de communication comprenant notamment 60.000 affiches et plus d’un demi-million de carnets permettant aux patients de prendre des notes pendant les consultations. Les supports sont aussi disponibles en téléchargement sur le site troisquestions.be.
L’initiative s’inscrit dans le Plan interfédéral pour la littératie numérique en santé et a été développée avec plusieurs partenaires, parmi lesquels Domus Medica, Société Scientifique de Médecine Générale, INAMI, Fondation Roi Baudouin, Vlaams Patiëntenplatform et Ligue des Usagers des Services de Santé.









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Robin GUEBEN
13 mai 2026Hâte de voir AskMe3 de patients qui ont zero littératie à l'urgentiste qui gère ARCA, AVC et le départ d'un SMUR en même temps. Je sens qu'on va se marrer avec des urgences surchargées parce que les généralistes n'arrivent plus à tenir la cadence du psycho-social-administratif et leur envoient tous leurs patients cliniques car les mutuelles se défaussent de leur job de prestataires sociaux et administratifs pour mieux compter leurs sous de rentiers d'État...