Le Parlement francophone bruxellois a donné vendredi son feu vert au projet de budget 2026 de la Commission Communautaire française à majorité (MR-PS-Engagés) contre opposition (PTB-Ecolo-DéFI), par 42 voix pour et 23 contre.
Le projet de budget de cette institution en charge de matières notamment sociales, directement liées au quotidien du million d'habitants francophones de la capitale, affiche quelque 641,7 millions d'euros dans la colonne des recettes. Le plafond des dépenses a été fixé à 701,8 millions d'euros, concentrés sur les politiques essentielles: aide aux personnes handicapées; secteur social et de la santé; formation professionnelle; enseignement et transport scolaire; infrastructures.
Le déficit net s'élève à 22,7 millions d'euros.
Lors des débats de jeudi, l'opposition a critiqué le projet sur la table, avec une tonalité variable.
Pour le PTB, face à l'urgence sociale, le budget donne l'apparence de la continuité et ne prend pas la mesure de la crise. D'autant qu'il n'est pas tenu compte de l'impact des mesures du fédéral.
Les Verts ont jugé que l'objectif d'équilibre annoncé à l'horizon 2029 semblait plus tenir de l'effet d'annonce que de la réalité.
DéFI a dit partager plusieurs objectifs visés, mais avoir décelé peu d'éléments permettant de comprendre comment les priorités, elles-mêmes peu identifiées, allaient se traduire concrètement.
Les trois formations se sont inquiétées du recours à un mécanisme permettant au gouvernement de déplacer des centaines de millions d'euros de crédits en cours d'année, en vidant de son sens le contrôle budgétaire parlementaire.
Elles ont soutenu un amendement déposé par Farida Tahar (Ecolo) pour écarter cette disposition, mais la majorité l'a rejeté.
La ministre en charge du Budget, Karine Lalieux (PS) a livré un autre éclairage sur ce dispositif lors de sa réplique aux députés.
L'article 4 qui le prévoit "permet d'éviter des situations de blocage lorsqu'une tension budgétaire imprévue apparaît entre programmes ou missions, par exemple sous l'effet d'indexations multiples des salaires, d'une hausse des prix de l'énergie ou d'autres chocs sur lesquels nous n'avons pas la main. Sans ce dispositif, la COCOF pourrait se retrouver dans l'incapacité de couvrir certaines dépenses obligatoires", a-t-elle souligné.
La ministre socialiste a évoqué plus largement "un budget de responsabilité, construit dans l'urgence, dans un contexte de tensions, mais avec une volonté claire: garantir le fonctionnement des services, sécuriser les politiques prioritaires et maintenir la capacité d'action de notre institution".








