La Chambre a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi en séance plénière la réforme des pensions portée par le gouvernement De Wever. Elle a été approuvée majorité contre opposition, moins l'abstention d'Anders.
La réforme des pensions est l'un des chantiers-phares de la coalition Arizona. Elle vise à renforcer le lien entre travail et retraite : les personnes qui travaillent plus longtemps devraient percevoir une pension plus élevée. De plus, selon le ministre de tutelle Jan Jambon, cette réforme est essentielle pour garantir la viabilité financière du système.
La réforme remanie en profondeur ce système. La mesure la plus forte est l'introduction d'un malus pension à l'encontre des personnes qui n'ont pas travaillé au moins 156 jours par an pendant au moins 35 ans. Cinq jours de flexibilité sont toutefois tolérés sur l'ensemble de la carrière, pour éviter de tomber juste en dessous du minimum certaines années. Par ailleurs, les congés de maternité, les congés pour aidants-proches, les arrêts maladie et le chômage temporaire restent considérés comme des périodes assimilées.
À l'inverse, un bonus pension est prévu pour les personnes qui travailleraient au-delà de l'âge légal de la retraite. Toute personne née en 1973, ou après, qui poursuit sa carrière après ce seuil légal verra sa pension augmenter de 5% par année supplémentaire travaillée. Toutefois, ce bonus ne sera applicable qu'après 35 ans de travail effectif avec au moins 156 jours par an. Le chômage, les emplois de fin de carrière et les arrêts maladie de longue durée ne seront pas assimilés.
Un autre aspect sensible de la réforme est le relèvement progressif de l'âge de départ à la pension pour les militaires et les conducteurs de train, jusqu'à l'âge général de 67 ans au lieu de respectivement 56 et 55 ans.
Pour les fonctionnaires, le calcul de la pension ne se basera plus sur les 10 dernières années de leur carrière. Le calcul sera progressivement étendu sur l'ensemble de la carrière, soit 45 ans. Le mécanisme de péréquation, qui permet aux fonctionnaires retraités de voir leurs pensions augmenter lorsque les salaires des fonctionnaires en activité progressent, sera supprimé.
Une nouvelle forme de pension anticipée est introduite dès 60 ans pour les personnes qui ont effectivement travaillé pendant 42 ans. Le service militaire et le congé de maternité seront pris en compte.
Le PTB a d'ores et déjà annoncé son intention de coordonner un recours devant la Cour constitutionnelle.
Dans un communiqué envoyé peu après le vote parlementaire, le syndicat socialiste FGTB a fait part de la même intention portée en front commun. Les représentants des travailleurs et travailleuses jugent la nouvelle loi "juridiquement fragile". Ce recours sera introduit à l'automne 2026 et un arrêt est attendu pour la mi-2028, selon la FGTB.
La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) a, à l'inverse, salué une réforme "nécessaire" et "une étape indispensable pour contenir l'augmentation des dépenses de pension". "Nous aurions dû entamer ce processus il y a vingt ans déjà", a estimé son CEO, Pieter Timmermans. "Reporter les réformes ne fait, au final, que les rendre plus lourdes", selon lui.
Lire aussi : Indexation, accises, taxes, ...: Ce que contient la loi-programme









Derniers commentaires
Francois Planchon
29 mai 2026Donc le gouvernement veut encore baisser le montant des pensions, alors que la GRAPA , "pension" accordée à une personne qui n'a JAMAIS travaillé, à 66 ans, est de 1.611,96 €/mois pour les isolés (net NON taxable au 01.03.2026 à l’indice 183,17) !!!
Mon épouse, médecin spécialiste, avec une carrière presque complète (à 6 mois près les études), perçoit un peu plus de 200 € net/mois que la GRAPA, le tout taxable...
Si il appelle ça valoriser le travail, Mr De Wever ferait bien de revoir la copie d'urgence...
Initialement, la GRAPA était égale au RIS soit 1.340,47€ net/mois pour un isolé, mais dans des grands élans de générosité successifs, les gouvernements antérieurs l'ont augmentée, sans en avoir les moyens...
Et rappelez-vous les 2 ou 3 an de palabres ministériels pour fixer une pension minimum pour une carrière complète... qui ont finit par fixer le montant symbolique de 1500 euros nets à l'époque... ce qui était équivalent à la GRAPA... (avec 60 € de plus...).
Comme gifle donnée aux travailleurs, on ne fait pas mieux...
Et les palabres actuels, qui feraient bien de se demander comment ré-aligner progressivement la GRAPA sur le RIS, font semblant d'ignorer ces chiffres, qui sont pourtant plus q'interpellants !