L’UBPS dénonce un « faux alarmisme » autour du budget des soins de santé

L’augmentation projetée des dépenses de santé de 10,9 milliards d’euros sur dix ans ne peut être analysée sans tenir compte de l’évolution parallèle des recettes publiques, estime l’Union belge des prestataires de soins (UBPS) dans un communiqué. L’organisation critique une lecture « partielle » des projections du Bureau fédéral du Plan, qui contribuerait selon elle à alimenter un discours anxiogène sur le financement des soins.

L’UBPS réagit aux dernières perspectives budgétaires publiées par le Bureau fédéral du Plan, qui annoncent une hausse de 10,9 milliards d’euros des dépenses de santé sur la prochaine décennie. « Le chiffre est impressionnant. Il est aussi, présenté isolément, profondément trompeur », estime l’organisation.

Selon l’UBPS, les projections sont régulièrement présentées sans intégrer les mécanismes qui augmentent parallèlement les recettes publiques. « On détaille ce que les soins de santé coûteront demain. Mais on ne met pas en regard ce que l’économie, le travail et les mécanisme s automatiques de financement rapporteront dans le même temps », souligne-t-elle.

L’organisation rappelle que l’indexation automatique des salaires augmente mécaniquement les cotisations sociales et que la croissance économique élargit l’assiette fiscale. Elle relève également que, dans ses propres perspectives, le Bureau fédéral du Plan indique que « les recettes fiscales progressent plus vite que les dépenses primaires jusqu’en 2028 ».

L’UBPS estime par ailleurs que d’autres postes budgétaires échappent davantage au débat public. Elle cite notamment les subventions aux entreprises, évaluées à près de 25 milliards d’euros par an par la Banque nationale, ainsi que la fraude fiscale non récupérée, estimée entre 7 et 30 milliards d’euros annuels.

« À chaque publication de ce type de rapport, la même mécanique se met en place : dramatisation des dépenses de santé, préparation de mesures de restriction, pression sur les prestataires, et, en filigrane, remise en cause de l’accessibilité des soins », avance encore l’organisation.

Pour l’UBPS, cette approche conduit à considérer les soins de santé « non comme un investissement collectif, dans la qualité de vie, dans la productivité, dans la cohésion sociale, mais comme un simple coût à contenir ».

L’organisation plaide pour une approche budgétaire plus globale, intégrant simultanément dépenses et recettes sur une même période. Elle appelle également à « évaluer rigoureusement l’efficacité des dépenses publiques existantes » avant d’envisager des restrictions dans les soins de santé.

L’UBPS affirme enfin que les prestataires constatent déjà « des conséquences très concrètes » sur le terrain, notamment une pression sur les honoraires, des difficultés de recrutement et une fragilisation de l’offre de soins de proximité. « À force de présenter la santé comme un problème budgétaire, on finit par en faire un problème d’accès. Et ce sont les patients qui en paieront le prix », conclut-elle.

Lire aussi : Les dépenses de soins de santé augmenteront de près de 11 milliards d'euros d'ici 2035

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Derniers commentaires

  • Robin GUEBEN

    06 mai 2026

    C'est certain que de ne regarder que ses projections de frais, sans regarder ses projections de recettes, on ne va pas bien loin en terme d'investissements... Bien vu UBPS ! :) Loin de l'alarmisme de prétextes d'augmenter la taxation ou de réduire les coûts des vrais soins des vrais prestataires.

    À noter que les seules croissances fixes décorrélées des recettes sont les postes pseudo-salariés ou salariés d'État car ils ont une croissance artificielle très forte et un taux de recettes très bas : les mutuelles, les syndicats subsidiés, la médecine générale forfaitaire, les bureaucrates d'hôpitaux et les bureaucrates de la santé publique.

    Moi personnellement dans mon entreprise, quand une enveloppe budgétaire s'envole dans les frais et ne me rapporte pas de recettes et, en plus, est facultative en utilité de fond, je la tape au bac vertical. ;) J'espère que les personnes à frais croissant artificiels que je viens de citer réalisent bien (pas comme les journalistes qui nous ont enfumé depuis 1 semaine) car la société commence à très bien le réaliser et tout ménage réagit comme moi au waste.