L’Union belge des prestataires de soins (UBPS) alerte sur l’influence croissante des mutuelles, décrite comme un pouvoir « opaque » menaçant l’équilibre du système de santé. L’organisation détaille sa position dans un communiqué diffusé à la suite de révélations sur leurs réserves financières.
L’UBPS réagit aux informations relayées par la presse concernant une « fortune cachée » de 6,1 milliards d’euros détenus par les mutuelles. Ces chiffres, selon l’Union, confirment ses inquiétudes et révèlent des organismes « transformés en acteurs économiques puissants, influents et insuffisamment contrôlés ».
L’organisation rappelle ses critiques développées précédemment : maintien artificiel des honoraires, usage du conventionnement comme instrument politique, profits issus des assurances complémentaires, élargissement du statut BIM affaiblissant l’argument d’accessibilité, absence de réponses aux causes réelles de la pénurie — « répartition, attractivité, conditions de travail, prévention ». Le communiqué évoque une logique déjà dénoncée : accumulation de réserves considérables alors que les soignants travaillent avec des honoraires jugés sous-évalués.
L’Union estime que les mutuelles fonctionnent désormais « comme de véritables assureurs privés », situation jugée incompatible avec un rôle neutre d’intermédiaire entre l’État et les patients. Le communiqué met en avant l’influence exercée sur les remboursements, le conventionnement, les honoraires et les orientations de réforme.
L’UBPS appelle à une révision profonde de la position et des prérogatives de ces organismes. Leur poids financier, leur influence réglementaire et leur développement d’assurances complémentaires nécessitent, selon l’Union, une mise à plat. Une plus grande transparence et une limitation de leur pouvoir décisionnel apparaissent essentielles pour restaurer l’équilibre du système.
L’organisation insiste : « le système actuel sert davantage les mutuelles que les patients et les soignants ». Le conventionnement, selon elle, devient un outil visant à maintenir des honoraires artificiellement bas et à soutenir des intérêts institutionnels. L’Union considère qu’une réforme fondée sur l’intérêt public est désormais indispensable.
L’UBPS affirme que les prestataires n’accepteront pas de réduction budgétaire au profit d’acteurs dotés de réserves importantes. Une revalorisation des honoraires est jugée essentielle pour garantir la continuité, la qualité et la sécurité des soins. Le plafonnement des honoraires constitue, selon elle, « une ligne rouge infranchissable ».
Le Dr Olivier Otte (dentiste) et le Dr Philippe Bouté ( chirurgien orthopédiste) , coprésidents de l'UBPS (photo) pointent également la concentration des rôles exercés par les mutuelles : gestion d’hôpitaux, pharmacies et autres structures de soins, perception de 1,4 milliard d’euros par an pour les missions administratives liées au remboursement, développement d’assurances complémentaires privées. L’Union y voit une incompatibilité structurelle liée à la réunion, dans les mêmes mains, de fonctions de prestataire, d’assureur, de contrôleur et de décideur. Cette situation, selon elle, met en péril l’équilibre général du système. « Il est temps que cette situation cesse », conclut l’UBPS.









Derniers commentaires
Fabrice Goossens
16 décembre 2025Très bien écrit ?
Merci a vous deux ???? pour tout votre combat en 2025 et à l'UBPS
Les mutuelles ( surtout la très sociale faussement endettée Solidaris ) ont refusé catégoriquement une augmentation de 2 euros du ticket modérateur .Scandale !
En 2026 ma mutuelle et l'assurance qui va avec vont augmenter de 4,42 euros par mois ! A qui profite le crime ?
Dr Goossens Fabrice