En juin, la chaleur a causé davantage de décès qu'attendu par les modèles prévisionnels

La Belgique a enregistré 2.112 décès supplémentaires durant la période de chaleur du 18 juin au 12 juillet 2026, soit une surmortalité de 31,1%, ressort-il d'une nouvelle analyse de Sciensano présentée mercredi au cabinet du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit). Avec 8.907 décès observés contre 6.795 attendus, cet épisode est le plus meurtrier lié à la chaleur recensé dans le pays depuis le début des analyses comparables.

"C'est plus que ce à quoi on se serait attendu sur la base des modèles prévisionnels scientifiques", a reconnu le ministre.
Parmi les principaux épisodes de chaleur survenus depuis le début des années 2000, celui de juin 2026 se hisse ainsi en tête, à la fois pour le nombre de décès supplémentaires et pour l'ampleur de la surmortalité à l'échelle nationale. La vague de chaleur d'août 2020 arrive loin derrière, avec 1.597 décès supplémentaires et une surmortalité de 28%.
La Wallonie a payé le plus lourd tribut, avec 1.095 décès supplémentaires et une surmortalité de 47,9%. La Flandre en a comptabilisé 822 (+20,5%) et Bruxelles 195 (+38,8%).
La surmortalité ne s'est pas limitée aux personnes les plus âgées. Si les 65 ans et plus concentrent 1.745 décès supplémentaires, soit 82,6% de l'excès observé, Sciensano constate une hausse de la mortalité dans toutes les classes d'âge adultes. Contrairement à de précédentes vagues de chaleur, l'épisode de juin a notamment davantage frappé les hommes âgés, mais aussi ceux en âge de travailler.
Chez les 15-44 ans, 52 décès supplémentaires ont ainsi été recensés chez les hommes, contre seulement quatre chez les femmes. Dans la tranche des 45-64 ans, l'écart est également marqué: 201 décès supplémentaires chez les hommes, contre 103 chez les femmes.
La carte de la surmortalité fait par ailleurs apparaître de fortes disparités. L'arrondissement de Liège se détache nettement, avec 322 décès supplémentaires et une surmortalité de 80,8%. La Louvière (+60,5%) et Virton (+56,9%) ont elles aussi été durement touchées, tandis que Bruges (+5,3%) et Ypres (+7%) ont été beaucoup plus épargnées.
Selon l'institut de santé publique, les températures élevées, l'ozone et surtout l'enchaînement de nuits tropicales expliquent une partie de cette surmortalité.
Le pic observé les 27 et 28 juin a toutefois dépassé ce que prévoyaient les modèles. Pour la vague de chaleur de juin et les dix jours qui ont suivi, ceux-ci attribuent 1.742 décès à la chaleur et à l'ozone. Quelque 442 décès supplémentaires échappent en revanche à l'explication de ces seuls facteurs.
D'autres éléments pourraient donc avoir pesé dans la balance, comme l'état de santé ou la situation socio-économique des personnes concernées. A ce stade, il ne s'agit cependant encore que d'"hypothèses".
"Des facteurs comme la précarité, la densité de population, les conditions de logement, l'accès à des moyens de rafraîchissement ou encore l'exposition professionnelle à la chaleur n'ont pas pu être étudiés", précise Natalia Bustos Sierra, épidémiologiste à Sciensano.
Face à ce constat, Frank Vandenbroucke a annoncé la préparation d'un nouveau plan chaleur. Le Plan fortes chaleurs et pics d'ozone actuellement en vigueur, principalement axé sur les phases d'alerte et la communication, ne constitue selon lui pas encore un véritable plan de préparation et de réponse.
Un plan interfédéral intégré, baptisé "Heat-Health Preparedness & Response Plan", doit être élaboré d'ici l'été 2027.

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