Elections communales: 6 candidats médecins parlent de leurs motivations

Une cinquantaine de médecins seront sur les listes cette année. De Bastogne à Celles, d’Uccle à Charleroi, les médecins généralistes et les spécialistes hospitaliers se sont donné rendez-vous aux urnes. Ils en attendront le diagnostic final le 14 octobre prochain. Pour certains, il s’agit de la 
première campagne. Ils expliquent leurs motivations...

Pédiatre au CHR de Namur, Christine Hallu, Ecolo, à 62 ans: «Je suis maman de quatre enfants et j’ai des petits-enfants. Je voulais m’investir, maintenant qu’ils sont grands. Je veux m’engager dans l’action communale en faveur des enfants et des jeunes pour les aider au niveau des comportements et de l’aspect psychosociale.» Femme de conviction, pour elle, «il faut une accessibilité à une meilleure santé au niveau communal et réduire la pauvreté. Je ne fais pas de la politique, je fais de l’action citoyenne. Si je suis élue, je dégagerai du temps pour ce nouveau rôle.»

Une énergie que Nicolas Clumeck, 42 ans, psychiatre et directeur médical, entend aussi mettre au service de sa commune de Uccle pour Défi: «Cela fait plusieurs années que je réfléchis à faire de la politique. Défi est un parti ouvert qui me convient bien et où la transparence et la bonne gouvernance ont leur importance.» Un échevinat de la santé reste pour lui important car cela permet de mettre en place une meilleure prévention notamment en matière de santé scolaire (vaccination, harcèlement à l’école...). Pour lui, l’action doit être plus large comme «agir en matière de mobilité. J’ai plusieurs collègues médecins généralistes qui se plaignent du manque de place de parking dans la commune». L’objectif du Dr Clumeck sera de pouvoir être dans un premier temps conseiller communal pour pouvoir participer plus activement à différents projets de la commune. Il pense qu’il est important qu’aux côtés des professionnels de la politique il y ait des élus issus de la société civile comme des médecins pour avoir un regard différent sur la politique, et qui agissent par conviction sans vouloir à tout prix un mandat politique.

A Uccle, un autre médecin sera sur les listes, celles du MR. Le Dr Patrick Zygas est chef du service orthopédie au Chirec: «Je suis chirurgien orthopédiste. A 61 ans, j’ai déjà exercé un premier mandat comme conseiller communal. On fait de la politique pour ses enfants.» Au niveau communal, le travail est indispensable selon lui: «J’ai remarqué que la santé est bien souvent le parent pauvre. Il est indispensable d’avoir une politique cohérente pour les maisons de repos et les résidences services et de mettre en place des défibrillateurs dans tous les lieux publics où c’est possible. Enfin, la prévention santé est indispensable.»

Pour Anne Debouvrie, 49 ans, apparentée PS, échevine de la santé notamment à Celles, voilà 6 ans qu’elle s’implique, en plus de son travail de médecin: «J’ai mis en place des actions de sensibilisation pour les dépistages.» Ce travail est une évidence: «Il faut un échevinat de la santé dans chaque commune.» Elle a ouvert une maison médicale en avril 2018. Elle veux mettre en place un chèque sport sur prescription médicale pour la prochaine législature. «Je m’en sors avec mon activité de médecin parce que je suis bien entourée tant à la commune qu’au cabinet» et d’ajouter: «Trop de gens n’osent pas pousser les portes des CPAS. Notre rôle de généraliste est de dire qu’il y a des solutions qui existent.»

Une autre médecin est plus médiatisée au PTB: Sofie Merckx, 44 ans, généraliste depuis 18 ans à la Médecine pour le Peuple à Marcinelle. «La politique est indispensable pour changer des choses que l’on ne peut pas résoudre seulement par nos actes: travailler sur la qualité de l’eau, des logements... Je veux pouvoir intervenir sur tous les déterminants de la santé. Aujourd’hui je suis conseillère communale et j’ai la chance de travailler dans une maison médicale et de pouvoir donner un peu de mon temps à la politique. Cela me prend 25-30h par semaine.» Elle reconnait l’importance d’un échevin de la santé: «La santé, c’est bien plus que l’accès aux soins.»

Cette implication au quotidien, la médecin généraliste Gaelle Falisse, 44 ans, de Bastogne, la connaît. Figure de proue du cdH dans la commune de Benoît Lutgen, elle en est à sa troisième élection: «J’ai d’abord dit non voici plus de 12 ans parce que je manquais de temps. Les 6 premières années, j’étais dans l’opposition. Il y avait évidemment la question de l’hôpital de Bastogne et sa restructuration.» Ramasseuse de voix, elle donne la priorité à son travail de médecin: «Je suis actuellement conseillère communale et je ne veux pas être échevine. Cela me prend 2h par semaine. J’ai d’ailleurs quitté mon poste d’administratrice communale de Vivalia parce que les conseils ont déménagé à Arlon et que cela me prenait trop de temps.»

On le voit, un travail prenant, qui n’empêche pas à chaque nouvelle élection de voir de nouveaux candidats médecin se présenter sur les listes électorales. Mais n’est-ce pas aussi finalement un prolongement de leur activité médicale que de s’inquiéter du bien-être d’une collectivité locale?

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