Tous les éléments sont réunis pour une importante épidémie du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, selon Laurens Liesenborghs, spécialiste à l'Institut de médecine tropicale d'Anvers (IMT). Dimanche, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que la propagation de cette souche rare du virus représentait une "urgence de santé publique de portée internationale", soit son deuxième niveau d'alerte le plus élevé.
Plusieurs grands facteurs contribuent à cette transmission rapide du virus, selon M. Liesenborghs. D'abord, le foyer de l'épidémie se situe dans une région urbanisée, ainsi qu'une zone de conflit. Ensuite, le virus a été détecté assez tardivement, en comparaison à d'autres épidémies. Enfin, il est question d'un variant peu courant de la maladie, qui n'est pas détecté par une grande majorité des tests disponibles dans la région.
Tous ces éléments impliquent que l'épidémie évolue désormais assez rapidement. "Les nouvelles informations s'enchaînent à un rythme effréné. Les premiers cas positifs n'ont été confirmés que vendredi, mais l'épidémie est probablement en cours depuis plus longtemps. Elle s'est également propagée plus largement qu'on ne le pensait initialement", souligne le chercheur.
Le virus Ebola a été découvert par le Belge Peter Piot à la fin des années 1970. C'est pourquoi l'IMT est étroitement impliquée dans la recherche internationale au sujet de cette maladie. Des experts de l'Institut, dont Laurens Liesenborghs, vont dès lors se rendre en RDC cette semaine. Des kits de dépistage supplémentaires sont en outre déjà en cours d'expédition.
"Nous allons avant tout examiner quels sont les besoins" sur place, poursuit M. Liesenborghs. "Ensuite, nous devrons déterminer comment et où apporter le meilleur support possible." Concrètement, l'IMT souhaite rapidement mettre en place une étude clinique, en collaboration avec l'OMS, afin de développer de nouveaux traitements. "Il y a un besoin de médicaments spécifiques pour ce variant", affirme l'expert.
En effet, il n'existe actuellement ni vaccin, ni traitement spécifique pour endiguer la propagation de la souche Bundibugyo à l'origine de l'épidémie actuelle, qui présente un taux de létalité élevé.
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