e-prescription: un récapitulatif officiel à épingler

Vous le savez, l’obligation de prescrire électroniquement a été repoussée à juin 2018 et flanquée d’exceptions. L’Inami refait le point: qui est concerné, dans quelles circonstances, quid de PARIS, comment se déroule l’authentification d’un prescripteur, quand viendra l’e-prescription «mobile»? De quoi y voir plus clair, surtout si on a raté les derniers épisodes… La synthèse évoque aussi la «dématérialisation» espérée pour mi-2019 et la force majeure.

L’Inami reprend et clarifie de grandes notions sur l’e-prescription, à la lueur des exceptions récemment adoptées. Prescrire électroniquement les médicaments s’imposera à partir du 1er juin 2018 au cabinet du prescripteur, lors d’une consultation à l’hôpital (en ambulatoire) et dans d’autres secteurs où une prescription est rédigée, comme les postes de garde MG, l’Institut de médecine tropicale, etc. 

Pour se plier à cette obligation, le prescripteur emploiera son DMI (l’Inami renvoie ici à la liste des logiciels homologués), le DPI (Dossier Patient Informatisé) de l’hôpital ou l’application PARIS (dont l’Institut répète qu’elle arrivera ce mois).

L’Inami explicite en quoi intervient le certificat eHealth – en l’occurrence, il sert à authentifier un médecin dont le DMI «mobilise» les services de la plate-forme eHealth pour l’encryption d’une e-prescription. L’Inami renvoie au manuel sur ledit certificat et vers l’application qui permet d’obtenir ce dernier, le renouveler voire le révoquer. L’authentification réclame une seconde étape: l’introduction de l’eID du médecin (et code pin) ou bien que «pour le moment, ce ne soit pas toujours possible», le recours à un token.

L’Inami poursuit avec l’e-prescription mobile, dont l’avènement est espéré à la mi-2019. «L’analyse technique est en cours (…). Des versions «mobiles» de logiciels, pour tablette ou smartphone, seront mises à disposition progressivement.» 

Dématérialisation: étudiée en task force

Enfin, il revient sur la preuve, sa valeur légale (en fait, elle n’en a pas, et aucun rajout manuscrit n’est pris en compte à l’officine), son utilité (porter un code-barre que le pharmacien scanne pour identifier l’e-prescription concernée) et sa mort annoncée: s’il n’est pas encore question de dématérialisation complète début 2018, une task force spécifique va phosphorer et «proposer progressivement des alternatives» à la preuve, laquelle peut être sur support papier mais aussi digitale (ou sous forme de photo) sur le smartphone ou la tablette du patient (1).

Quelles alternatives? Celle qui est évoquée depuis toujours est le recours au NISS par lecture de l’eID du patient (ou Kids-ID, ou ISI+), mais l’Institut examine aussi «l’utilisation d’un code QR en combinaison avec des appareils mobiles (smartphone ou tablette)» et «la participation du patient dans la gestion de ses prescriptions». C’est-à-dire? A la mi-2019, via une application (future), le patient sera en mesure de consulter les prescriptions ouvertes à son nom (enfin, à son NISS) et d’indiquer au pharmacien laquelle exécuter. «L’accès aux prescriptions ouvertes d’un patient est surveillé. Les modalités concrètes de ceci seront définies en concertation avec toutes les parties concernées.»

Force majeure: en préparation aussi

L’Inami termine sur un résumé des cas où l’ordonnance papier reste autorisée, e.a. pour les prescripteurs de plus de 62 ans au 1er juin prochain et lors des visites à domicile et en MR(S). Du reste, un «protocole de secours» est en préparation. Il décrira les situations relevant du cas de force majeure, par exemple: besoin incontestable d’aide médicale urgente, prescripteur ou patient étranger sans NISS, nouveau-nés en attente de NISS…

(1) Ces technologies se développent. Le logiciel 4YourHealth, par exemple, lancé le mois passé et présenté par ses concepteurs comme une première belge, permet e.a. au médecin d’envoyer la ‘preuve’ sur le smartphone du patient.

 Plus d’infos sur le site de l’Inami.

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Derniers commentaires

  • François NAERT

    17 décembre 2017

    Cette nouvelle façon de prescrire parait tellement complexe ! Il serait tellement plus logique de laisser à chaque
    médecin le libre choix de décider de quelle façon il souhaite travailler afin qu'il perde le moins de temps possible
    dans sa pratique et qu'il consacre le plus de temps possible avec son patient !!

  • Dita FRANKENTAL

    16 décembre 2017

    Les patients âgés, ceux-là mêmes qui consultent souvent ,ne possèdent pas de smartphones.

  • Jean-Pol DUFOUR

    15 décembre 2017

    C'est avec ce genre de situation créée de toutes pièces par des informatico-maniaques que l'on voit l'utilisation de XPERTHIS (anciennement MIMS) augmenter sans sourcilier de 300% en une fois aux frais de qui ?
    JP Dufour

  • Jacques MAIRESSE

    15 décembre 2017

    tout à fait d'accord avec Serge Basselier, que l'on nous foute la paix avec cette informatisation forcée, que l'on laisse la liberté de choisir sa façon de travailler! que font nos syndicats médicaux... des moutons de Panurge!

  • Serge BASSELIER

    14 décembre 2017

    du delire a l etat pur, deblock merite le prix courteline, pour la complication maximale et inutile d'une relation medecin patient qui a toujours ete simple,avec evidemment le passage a la caisse du medecin , par l entremise de firmes "accreditees" aupres de l autoritaire autorite....
    a propos, que deviennent nos glorieux liberaux, defenseurs de la classe moyenne et des professions liberales?
    aux dernieres nouvelles, endormis.... jusqu en 2018, pour les elections....une maladie du sommeil electorale, isn't it?
    remember ,chers confreres....