Dr Bernard Lauwerys : «La rhumatologie doit être hors quota»

Actuellement, le pays totalise quelques 180 rhumatologues en activité. Chaque année, 5 à 10 étudiants de médecine choisissent de se spécialiser en rhumatologie, un nombre insuffisant pour compenser le nombre de rhumatologues qui prennent leur retraite. « En 2018, le nombre d’étudiants a légèrement augmenté pour atteindre 15. Il en faudra plus pour renouveler une spécialisation qui concentre près de 200.000 patients » explique Bernard Lauwerys, président de la SRBR,  la Société Royale Belge de Rhumatologie, et professeur de rhumatologie à l’Université catholique de Louvain. Pour lui, les étudiants connaissent mal cette spécialisation : « Il y a un manque d’engouement qui vient de préjugés. Les étudiants pensent que nous soignons juste des vieux. Nous avons des patients jeunes, des enfants et nous les traitons avec des procédures variées, avec des technologies de pointe. »

La SRBR souhaite donc mettre des ambassadeurs-rhumatologues sous le feu des projecteurs et encourager davantage de rhumatologues à proposer des stages.

 

Pour le chef de service de rhumatologie de Saint-Luc, le meilleur moyen d’augmenter le nombre d’étudiants qui prendrait la direction de cette spécialisation est de lancer une nouvelle campagne de sensibilisation : « Nous voyons lorsque les étudiants ont des contacts avec des rhumatologues lors de leur tronc commun de médecine interne qu’ils sont intéressés de découvrir cette spécialisation. Ils se rendent compte notamment que cela fait 20 ans que nous faisons de l’immunologie appliquée. C’est réellement une médecine du 21eme siècle ».

 

Il lance aussi un appel aux autorités compétentes que cela soit le conseil supérieur de la santé ou le ministre-président de la FWB, Rudy Demotte : « Il faut que la rhumatologie soit hors quota comme cela a été le cas auparavant pour les gériatres.» Aujourd’hui entre 10% et 20% de toutes les consultations médicales sont liées à des symptômes rhumatismaux. Il rappelle que le « rhumatisme » est un terme générique désignant plus de 200 affections rhumatismales chroniques et aiguës. « Beaucoup ignorent que les rhumatologues sont parmi les premiers à travailler de façon ciblée avec des « patients experts ». Par exemple, dans le contexte du patient empowerment, des patients participent depuis des années à l’amélioration des questionnaires utilisés en pratique clinique et à la définition des priorités de la recherche » conclut-il.

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