Des militants protestent contre la destruction de millions de préservatifs à Geel

Plusieurs organisations médicales et de défense des droits de l'homme ont organisé mardi une action symbolique devant un entrepôt à Geel (province d'Anvers) où sont stockés 26 millions de préservatifs achetés par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Cette agence a été démantelée par l'administration Trump et les autorités états-uniennes ne souhaitent plus distribuer ce stock aux pays dans le besoin.

Plus de deux millions de doses de contraceptifs injectables, des pilules, des stérilets, ainsi que 50.000 traitements contre le sida y sont également entreposés depuis juin 2025. Ces traitements ont une valeur d'environ dix millions d'euros.
Peu après midi, une vingtaine d'activistes d'Amnesty International et Médecins du monde ont fait irruption dans les entrepôts de Kuehne+Nagel à Geel. Armés de pied-de-biche en papier et coiffés de cagoules roses, ils se sont brièvement arrêtés aux portes d'entrée de l'entreprise logistique suisse. Les militants se sont dispersés avant que les agents de sécurité n'aient pu appeler la police.
"L'impuissance politique actuelle est inacceptable", a déclaré Julie Capoulade, d'Amnesty International Belgique. "Après avoir épuisé toutes les voies juridiques et diplomatiques, nous sommes passés à l'action aujourd'hui. Nous exigeons que ces conteneurs soient expédiés dès que possible vers des régions où ils feront une différence vitale."
Mme Capoulade affirme que six mises en demeure ont déjà été envoyées au gouvernement belge. "Et des propositions ont été faites pour racheter ces stocks", poursuit-elle. "De nombreuses tentatives de négociation ont été entreprises auprès des autorités françaises, belges et américaines. Elles doivent prendre leurs responsabilités et empêcher la destruction illégale de ces ressources."
De précédentes discussions entre des associations et le gouvernement états-unien n'ont pas permis d'aboutir à une solution. La diplomatie belge a également tenté de négocier avec les autorités états-uniennes, sans succès. L'USAID, et par extension le gouvernement états-unien, ne peuvent ou ne veulent pas céder ce matériel gratuitement. Ces médicaments, dont la date de péremption se rapproche à grands pas, risquent donc de finir à la poubelle.

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