Délais de consultation : 40% des Belges favorables à davantage d’automédication

Une enquête de BACHI réalisée avec Ipsos auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 Belges âgés de 18 à 65 ans met en évidence une demande croissante d’autonomie dans la gestion des affections mineures. Près de 40% des répondants estiment qu’un élargissement de l’offre de médicaments en vente libre pourrait répondre aux délais d’attente observés dans le système de soins.

L’étude de la Belgian Association of the Consumer Healthcare Industry, (BACHI) basée sur un sondage mené par Ipsos, met en lumière une évolution marquée des comportements de santé. Les répondants identifient cinq motivations principales à un recours élargi au selfcare, notamment la volonté de gagner du temps. Selon l’enquête, 59% des participants voient dans l’automédication un moyen d’éviter de devoir consulter pour des affections mineures, tout en continuant à distinguer clairement les situations nécessitant un avis médical.

L’accès immédiat à une solution thérapeutique est cité par 49% des personnes interrogées. Pour de nombreux consommateurs, la possibilité de traiter rapidement des troubles courants comme les maux de tête ou les inconforts digestifs évite le risque de voir les symptômes s’aggraver en attendant une consultation. La dimension financière est mise en avant par une proportion identique de répondants : l’économie du coût d’une consultation constitue un argument significatif, en particulier pour les ménages dont le budget santé est limité.

L’étude relève également une dynamique sociétale liée à l’autonomisation sanitaire. Quelque 46% des répondants expriment le souhait de pouvoir gérer eux-mêmes les petits problèmes de santé, un mouvement qui, selon BACHI, s’inscrit dans la continuité d’un niveau de littératie en santé en progression. La gestion des pathologies récurrentes constitue enfin un motif important pour 45% des participants, qui perçoivent un accès direct à certains traitements comme un moyen de faciliter le quotidien sans solliciter inutilement les professionnels de santé.

Cette demande d’autonomie s’accompagne d’une perception plus large des bénéfices systémiques. Selon l’étude, l’élargissement contrôlé du selfcare contribuerait à décharger les médecins de consultations à faible complexité et à réduire les délais pour les patients présentant des problèmes plus lourds. Près d’un tiers des répondants favorables à l’automédication élargie — 35% — identifient le pharmacien comme un acteur clé dans cette évolution, en raison de son accessibilité et de son expertise médicamenteuse.

Pour BACHI, l’extension du selfcare doit s’accompagner d’un renforcement de l’éducation sanitaire afin d’encadrer l’usage responsable des traitements disponibles sans prescription. La sensibilisation aux limites de l’autotraitement, la valorisation du rôle de conseil des pharmaciens et la diffusion d’informations claires figurent parmi les leviers identifiés.

Selon l’enquête, cette évolution reflète un changement structurel dans les comportements de santé. Les consommateurs déclarent distinguer plus nettement les situations nécessitant une expertise médicale spécialisée de celles qui relèvent de l’autogestion éclairée. Dans un contexte marqué par la pénurie de médecins dans certaines zones, l’augmentation des maladies chroniques et le vieillissement de la population, BACHI estime qu’une adaptation de la politique du médicament en vente libre pourrait améliorer l’efficacité globale du système de soins.

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