La suppression du défraiement des gardes pour certains étudiants en médecine de l’ULB et de l’UMONS a relancé le débat sur les conditions de stage et la précarité étudiante. Interrogée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la ministre-présidente Élisabeth Degryse annonce une réflexion plus large visant à mieux encadrer le statut des étudiants en stage et à harmoniser les pratiques de défraiement.
En avril 2026, des étudiants en médecine de l’Université libre de Bruxelles (ULB) et de l’Université de Mons (UMONS) effectuant des gardes au sein de l’Hôpital universitaire de Bruxelles (HUB) ont dénoncé la suppression unilatérale du défraiement destiné à couvrir leurs frais de déplacement. Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le député Hajib El Hajjaji (Ecolo) s’interroge : « Comment garantir une formation accessible à tous lorsque certaines gardes impliquent des coûts élevés de déplacement, des horaires incompatibles avec un emploi étudiant et une pression financière qui pèse davantage sur les jeunes issus des milieux populaires ? »
Au Parlement, Élisabeth Degryse, ministre-présidente en charge de l’Enseignement supérieur, est revenue sur cette question des conditions de stage des étudiants en médecine. « Je suis entrée en contact avec les différentes instances concernées, à savoir l’ULB et l’HUB, et, plus précisément, avec leur direction générale, la direction de la communication, les ressources humaines et le doyen de la Faculté de médecine. Il ressort de ces échanges que la suspension du défraiement des gardes résulte d’un contrôle de l’Office national de sécurité sociale (ONSS) ayant mis en lumière l’irrégularité du dispositif précédemment en vigueur. »
L’état des lieux sur le terrain
Des discussions formelles avec les représentants des étudiants ont été engagées à deux reprises, les 14 et 23 avril. « Ces échanges ont permis de réaffirmer la volonté unanime des autorités hospitalières et académiques de maintenir un défraiement des gardes, d’identifier des pistes de solutions conformes au cadre légal et de rassurer les étudiantes et étudiants quant à l’absence de toute sanction portant sur leur mobilisation. Les parties ont qualifié ces discussions de constructives. Une solution est en cours de finalisation. Elle repose sur l’installation d’une procédure interne à la Faculté de médecine, l’élaboration d’une convention-cadre tripartite conclue entre les étudiants, les hôpitaux et les universités, ainsi que sur l’accord écrit signé par l’étudiant au début de son stage. »
Une discussion avec l’ONSS
Ce dispositif ambitionne de répondre aux exigences formulées par l’ONSS vis-à-vis du défraiement forfaitaire et sera soumis à validation avant sa mise en œuvre. « Il sera appliqué de manière harmonisée à l’ensemble du réseau hospitalier de l’ULB, l’HUB s’étant par ailleurs dit prêt à le partager avec d’autres établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’HUB attend encore des nouvelles de l’ONSS. Une nouvelle rencontre entre la direction et les étudiants s’est déroulée le 22 mai dernier dans le même esprit constructif », ajoute Élisabeth Degryse.
Un nouveau statut de l’étudiant en médecine en stage
Au cabinet, une réflexion plus large est engagée, entre autres dans le cadre du plan d’attractivité des métiers du « care » et du « cure », sur le statut de l’étudiant en stage, afin d’en préciser les contours, de mieux encadrer les pratiques et de garantir un équilibre entre exigences de formation et conditions de stage, notamment face à des horaires potentiellement contraignants. « Cette réflexion est menée de manière transversale en tenant compte de la diversité des filières concernées, telles que les soins infirmiers ou la kinésithérapie. La problématique de la précarité étudiante est bien identifiée et dépasse le seul cadre des études de médecine. »
Les pistes de travail « s’inscrivent dès lors dans une approche globale portant sur les aides existantes, les conditions de réalisation des stages et l’accessibilité des études. Toute évolution en matière de défraiement devra s’inscrire dans un cadre légal clair et cohérent pour l’ensemble des formations concernées », conclut la ministre-présidente.
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