Le ministre Frank Vandenbroucke souhaite mettre en place des centres d’expertise destinés aux patients souffrant de Covid long, de fatigue chronique et d’autres affections complexes entraînant des limitations fonctionnelles durables. Il l’a annoncé en réponse aux critiques persistantes formulées par des patients et des chercheurs à l’égard de l’offre de soins actuelle.
Le ministre reconnaît que le trajet de soins mis en place par l’INAMI pour les patients atteints de Covid long n’a pas produit les résultats escomptés. Bien que les budgets nécessaires aient été prévus, de nombreux patients n’ont, selon lui, pas trouvé le chemin vers ce dispositif.
« Cela ne s’est effectivement pas très bien passé », déclare Frank Vandenbroucke dans Knack. « L’une des raisons réside dans le manque de familiarité des médecins généralistes avec cette problématique. Ils rencontrent relativement peu de patients présentant des symptômes évocateurs d’un Covid long et ne les ont donc pas toujours orientés vers le trajet de soins prévu. »
Une approche multidisciplinaire
Avec ces nouveaux centres d’expertise, le ministre entend privilégier une approche multidisciplinaire et personnalisée. Selon lui, il ne faut pas partir du principe que les symptômes ont une origine exclusivement physique ou, à l’inverse, uniquement psychosociale.
Ces centres ne seraient pas uniquement consacrés au Covid long, mais également à d’autres maladies chroniques ayant un impact important sur le fonctionnement quotidien et la qualité de vie. L’objectif est de regrouper les compétences et d’offrir aux patients une prise en charge plus intégrée.
Selon Frank Vandenbroucke, le projet pilote devra être opérationnel au 1er janvier 2027. Les hôpitaux seront invités à poser leur candidature pour organiser un tel centre. Un modèle de financement adapté devra également être élaboré. « Nous évaluerons en profondeur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas », affirme le ministre. « Nous continuerons à nous appuyer sur des données scientifiques solides. »
Des critiques croissantes
Cette annonce intervient dans un contexte de critiques grandissantes de la part des associations de patients et des chercheurs. Ceux-ci estiment que la Belgique accuse un retard par rapport à des pays comme les Pays-Bas et l’Allemagne dans l’organisation de soins spécialisés pour les patients atteints de Covid long.
Les patients témoignent régulièrement des difficultés qu’ils rencontrent pour obtenir une reconnaissance de leur maladie, un diagnostic ou un accompagnement adapté. Certains se retrouvent durablement exclus de la vie professionnelle et sociale. Le ministre reconnaît que ces situations peuvent avoir de lourdes conséquences.
« Les personnes concernées peuvent entrer dans une spirale liée à la perte de leurs capacités fonctionnelles et de leur participation à la vie en société », explique-t-il. « Lorsqu’on a en plus le sentiment que personne n’apporte de solution, on se retrouve dans un tunnel avec un trou noir au bout. »
Le rôle clé de la première ligne
Le ministre souligne à cet égard le rôle essentiel des médecins généralistes dans l’identification et l’orientation des patients susceptibles de souffrir d’un Covid long. Selon Frank Vandenbroucke, la faible notoriété du trajet de soins existant auprès de la première ligne a contribué à son manque de succès.
Avec les centres d’expertise annoncés, l’autorité fédérale semble donc s’orienter vers un modèle dans lequel des équipes multidisciplinaires spécialisées constitueraient un point de référence clair, tant pour les patients que pour les médecins adressants.
Reste à voir si cette approche permettra de combler les lacunes actuelles dans la prise en charge du Covid long et d’affections comparables. Les prochaines années et l’évaluation du projet pilote devront en apporter la réponse.








