Concours d’entrée en médecine : le CIUM dénonce un « refus d’investir dans l’avenir de la santé »

Le Comité Inter-Universitaire des étudiants en Médecine (CIUM) a vivement réagi au décret voté le 16 juillet par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) supprimant le remboursement des frais d’inscription au concours d’entrée en médecine. Pour l’organisation étudiante, cette mesure adoptée après la clôture des inscriptions, le 10 juillet, constitue « un signal négatif envoyé aux futurs professionnels de la santé ».

« La FWB choisit, une fois de plus, de faire porter la charge sur les étudiants », déplore vendredi Loïc Mikus, président du CIUM, dans un communiqué. Selon lui, les candidats et leurs familles devront désormais assumer des coûts supplémentaires, alors que la majorité d’entre eux n’accéderont pas aux études médicales. En 2024, sur 5.205 inscriptions valables recensées par l’ARES, seuls 1.520 étudiants ont été déclarés admissibles.

Le CIUM souligne que les cours préparatoires atteignent déjà des montants élevés, « entre 70, 80 et jusqu’à 140 euros pour une seule formation proposée par l’UMons », et estime que « plus de deux étudiants sur trois paieront, en plus, des frais d’inscription pour n’avoir accès à rien ».

L’organisation critique également les biais du concours, citant les études de Jean-Marc Braibant, Sébastien Gérard et Philippe Billat sur les QCM à points négatifs, ou encore celles de Stefan Dab (Solvay Brussels School) et Catherine Dehon (ULB) sur d’autres formes d’inégalités. Un amendement visant à supprimer ces points négatifs a été rejeté le 16 juillet par la majorité MR-Engagés, dont dépend la ministre Valérie Glatigny-Degryse.

Pour le CIUM, « le cœur du problème reste l’existence même de ce concours ». L’organisation s’interroge sur la pertinence de cette épreuve « dans un cursus qui dure au minimum neuf ans et où l’étudiant est constamment évalué », alors même que la Belgique fait face à « une pénurie de médecins qui ne cesse de s’aggraver ».

Le comité plaide pour le retour du remboursement des frais d’inscription, la fin des QCM à points négatifs, un véritable accompagnement des candidats et, à terme, la suppression pure et simple du concours d’entrée. Au niveau fédéral, il réclame la levée de la limitation des places en médecine et un meilleur investissement dans le système de soins afin d’améliorer la prise en charge des patients.

Lire aussi: 

> FWB: le concours d'entrée en médecine devient payant

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Derniers commentaires

  • Sammie SOETAERT

    22 juillet 2025

    le fait de recruter des médecins de l'étranger permet de réduire les coûts salariaux

  • Francois Planchon

    19 juillet 2025

    J'ai "testé" les questions du concours d'entrée en médecine...
    Un chose m'a choqué : des questions débordent largement la matière vue en humanités... or elles devraient être strictement limitées au programme des humanités, si on voulait rester "fair play" par rapport aux candidats ! Cela favorise tous ceux qui peuvent se payer des cours privés de préparation...
    On se retrouve devant le même problème qu'en France, où les cours de préparation au concours d'entré en médecine sont devenus un business plus que très juteux, et où pas mal de candidats doivent sacrifier une année pour se préparer à ce concours ! A quoi on joue ?
    Le principe de concours en lui-même est vicié : ou bien on a les capacités pour entreprendre les études, ou bien on ne les a pas... On manque de médecins : c'est suicidaire de limiter ainsi le nombre d'étudiants...
    Commençons par ne plus accepter d'étudiants étrangers tant que notre pays est en manque de médecins...
    Je pense en particulier aux étudiants français : ce n'est pas à la Belgique de palier au manque de places dans les études supérieures françaises, et pas seulement en médecine...
    Et pour preuve de la carence (organisée ?) dans nos filières de formation : on tourne chaque année autour de 1/4 à 1/3 des Nos INAMI attribués à des médecins étrangers...
    Face à cette réalité, les obstacles mis pour filtrer nos étudiants motivés tient du sadisme institutionnel : même si vous avez réussi l'examen... vu que c'est un concours... il ne suffit pas d'être "apte" pour franchir l'obstacle ! Et la profession reste passive... et continue de recruter massivement à l'étranger pour combler les trous, au détriment de nos jeunes motivés !
    Je n'aime pas du tout quand on bride volontairement la motivation de notre jeunesse : cela devrait même être un motif de poursuites judiciaires, de bannissement définitif de tout poste à responsabilité publique !
    Notre passivité collective face à une telle manipulation est surréaliste...