CHU-Citadelle : l’échec de la médiation relance la question de la fusion

Nouvelle impasse dans le rapprochement hospitalier liégeois. Les deux médiateurs chargés de rapprocher les positions du CHU de Liège, de l’hôpital de la Citadelle et du Centre hospitalier du Bois de l’Abbaye (CHBA) ont décidé de mettre un terme à leur mission. Le Dr Jacques de Toeuf et Yves Prête, désignés il y a près d’un an, estiment que sa poursuite n’offre plus de perspective.

Les discussions entre le CHU et la Citadelle ont débuté en 2022 et conduit à la constitution d’un groupement hospitalier, agréé pour une durée indéterminée par la Wallonie en avril 2024. Après l’échec d’une première tentative de facilitation, une nouvelle médiation avait été confiée à Jacques de Toeuf, ancien président de l’Absym, et Yves Prête, ancien dirigeant d’entreprise. Le Bois de l’Abbaye a depuis été associé aux discussions.

Des divergences sur le modèle de rapprochement

Interrogé par Le Spécialiste, Jacques de Toeuf confirme que les deux médiateurs ont eux-mêmes décidé d’arrêter leur mission, estimant que sa poursuite n’offrait plus de perspective. Il ne souhaite toutefois pas entrer dans le détail des discussions, invoquant son devoir de discrétion.

Le statut médical constitue depuis le début l’un des dossiers les plus délicats : les médecins du CHU sont principalement salariés, tandis que ceux de la Citadelle sont majoritairement indépendants. La gouvernance, la représentation médicale, la désignation des responsables de services, la répartition des activités et, plus largement, la question d’une fusion ou non des institutions figurent également parmi les points de divergence. Autre point d’attention : l’adressage des patients et la concentration de certains soins spécialisés entre les différents sites.

Selon Sudinfo, qui a pris connaissance d’une lettre adressée fin août par les deux médiateurs au groupe politique provincial « hôpitaux », ceux-ci font état d’une absence de sentiment d’urgence partagé, d’un climat de confiance insuffisant et de relations compliquées, voire conflictuelles. Certaines collaborations existantes seraient sources de frustrations et leur proposition de construire progressivement la collaboration n’aurait pas suscité l’adhésion.

Toujours selon cette lettre citée par Sudinfo, les médiateurs constatent qu’ils ne sont pas parvenus à concilier les attentes du groupe de travail politique et les positions des conseils médicaux.

« La suite appartient désormais aux gestionnaires, dans le respect des dispositions légales relatives aux avis des conseils médicaux », indique pour sa part Jacques de Toeuf au Spécialiste.

Des activités médicales en jeu

Comme Le Spécialiste l’a déjà rapporté, l’absence d’accord peut avoir des conséquences sur le maintien à Liège de certaines activités hautement spécialisées soumises à des exigences de volume de patients.

Début juillet, Marc De Paoli, président du conseil d’administration du CHU, plaidait ainsi dans nos colonnes pour que les hôpitaux liégeois « unissent leurs forces ». Il citait la perte de l’onco-hématologie pédiatrique à Liège et estimait nécessaire de trouver des accords sur l’offre suprarégionale de soins. Il défendait une intégration plus poussée du paysage hospitalier liégeois, avec une fusion dans un horizon de cinq ans.

Des collaborations existent pourtant déjà. Comme nous l’avions également rapporté, plus de 180 thrombectomies ont été réalisées conjointement par le CHU et la Citadelle en 2025, illustrant la possibilité de concentrer certaines expertises.

Les enjeux financiers en toile de fond

Le rapprochement répond aussi à des enjeux économiques, avec des économies d’échelle attendues notamment des achats groupés et de la mutualisation de certaines ressources, dans un contexte de difficultés de recrutement des médecins et du personnel soignant.

Après l’arrêt de la médiation, le dossier revient aux conseils d’administration. Daniel Bacquelaine (MR), président du groupe de travail politique « hôpitaux » en province de Liège, a indiqué à Sudinfo que le dossier devrait revenir devant les CA du CHU, de la Citadelle et du CHBA fin septembre.

Pour Daniel Bacquelaine, le paysage hospitalier public liégeois évoluera à terme vers une fusion. Reste à déterminer si celle-ci doit intervenir directement ou être précédée d’étapes intermédiaires. Après l’échec de la médiation, la décision revient désormais aux organes de gestion des trois institutions.

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Derniers commentaires

  • Jean Radermacher

    03 septembre 2026

    Pour être complet, le service d'oncologie pédiatrique tourne maintenant au CHC en collaboration avec les CUSL. Il est donc inexact d'affirmer qu'il n'y a plus d'onco-pédiatrie à Liège. Il n'y en a simplement plus au CHU de Liège.

    Rappelons également que les deux entités CHR et CHU étaient nés d'une scission il y a 40 ans, entre autre, pour des raisons qui expliquent toujours la difficulté d'une fusion aujourd'hui.
    Même en secouant très fort, il est délicat de mélanger l'huile et l'eau, y compris après 40 ans.

  • Freddy GORET

    03 septembre 2026

    Les collègues de la citadelle ont raison de refuser cette fusion
    Marc de Paoli porte serviette de jean pascal Labille patron de Solidaris a mis la clinique André Renard en faillite
    Là il remet le couvert et il mets le Chu de Liège en faillite
    Il veut faire éponger ses pertes par les collègues de la Citadelle et se targuer d avoir un bilan positif grâce à cette fusion tronquée
    Si la mutuelle socialiste s empare de ces hôpitaux les collègues seront liés pieds et mains par un organisme qui va faire du fric sur le dos des travailleurs médecins infirmières kinésithérapeutes etc …
    Tout en les présentant comme des profiteurs des gens avides d argent au dépens des pauvres patients BIM disposant d argent et de biens à l étranger ….

  • Robin GUEBEN

    03 septembre 2026

    Pourquoi toujours forcer les indépendants à devenir salariés comme à André Renard ? Il suffirait de créer un Sui Generis d'actes pour l'hôpital avec rémunération rétrocédée à contrat horaires "salaire" brut pour l'indépendant et le salarié salarié continue de toucher son net...

    Cela dit, je comprends tout à fait les médecins indépendants de la Cita qui ne veulent pas devenir salariés du CHU...