Alors que les épisodes de forte chaleur se multiplient en Belgique, les maisons de repos intensifient leurs mesures de prévention. Au cœur de ce dispositif : le médecin coordinateur, dont le rôle s'avère central pour protéger une population particulièrement vulnérable.
Les maisons de repos wallonnes accueillent aujourd'hui environ 50.000 résidents, une population dont la moyenne d'âge ne cesse d'augmenter. Près de 450 médecins coordinateurs y veillent, selon l’AVIQ (Agence wallonne pour une Vie de Qualité). « Un courrier a été envoyé cette semaine à l'ensemble des médecins coordinateurs, rappelant les recommandations essentielles. En cette période de vacances, durant laquelle certains médecins généralistes prendront quelques jours de congé, le rôle des médecins coordinateurs sera encore plus important », précise la porte-parole de l'AVIQ, Lara Kotlar.
Continuité des soins et vigilance médicamenteuse
Le message insiste sur plusieurs points prioritaires. D'abord, la continuité des soins : avec la période estivale, de nombreux médecins traitants partent en congé. Il leur est demandé de désigner un remplaçant et d'en informer le personnel de l'établissement ainsi que le médecin coordinateur, afin d'éviter toute rupture dans le suivi des résidents.
Par ailleurs, une attention particulière doit être portée aux adaptations médicamenteuses nécessaires en cas de forte chaleur, notamment concernant les diurétiques, dont les effets peuvent être amplifiés par la déshydratation. Si les professionnels connaissent leur métier, les autorités jugent utile de leur rappeler ces points de vigilance.
« Les recommandations habituelles sur le refroidissement des résidents et leur hydratation sont réaffirmées. Une checklist d'auto-évaluation a également été transmise aux établissements afin de vérifier leur niveau de préparation. »
Un rôle de coordination complexe pour les autorités
Ce rappel n’est pas anodin, reconnaît-on à l’AVIQ : « Toucher efficacement les médecins coordinateurs reste un défi logistique. Ils ne sont pas nécessairement en contact permanent avec nous. Les autorités doivent passer par les établissements eux-mêmes pour les joindre, sans certitude que l'information soit relayée à temps. Nous rencontrons parfois un problème similaire avec les cercles de médecine générale, avec lesquels nous éprouvons des difficultés à transmettre toutes les informations aux médecins généralistes. »
Malgré ces obstacles, l'objectif reste clair : éviter que la canicule ne se traduise par un afflux vers les services d'urgence ou par des transferts hospitaliers évitables grâce à une prise en charge adaptée sur place. Pour rappel, des référents canicule ont également été désignés dans chaque hôpital afin d'évaluer le niveau de tension des services et d'anticiper d'éventuelles difficultés.
Enfin, si les maisons de repos bénéficient d'une surveillance structurée, les autorités rappellent que le véritable angle mort reste ailleurs : les personnes âgées isolées à domicile.
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