Canicule: comment nos hôpitaux combattent la chaleur

En France, les hôpitaux sont en état d'alerte «canicule» et 34 départements sont placés en vigilance orange a annoncé Patrick Pelloux, le président de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf). En Belgique, les hôpitaux absorbent, à ce stade, sans problème, l’arrivée de patients touchés par la vague de chaleur.

Le Dr Lucien Bodson, chef du service des urgences du CHU de Liège reconnaît toutefois qu’avec l’accumulation de chaleur «les patients et le personnel soignant sont plus fatigués.» Dans un hôpital, les hommes et les femmes ne sont pas tous égaux: «Il n’y a pas d’air climatisé partout, loin de là. Nous avons des extracteurs d’air dans la majorité des départements de soins. Evidemment, pour le personnel administratif, les bureaux surchauffent vraiment.» Aux urgences du CHU, paradoxalement, ce ne sont pas les personnes âgées qui viennent en nombre: «Nous avons de nombreux cas d’insolation et de pierre aux reins chez les jeunes qui ne s’hydratent pas assez.»

A l’hôpital de la Citadelle à Liège, «il fait chaud pour le personnel» explique Nathalie Evrard, responsable de communication. Les salles d’opération et les services techniques notamment y bénéficient de la climatisation.

A Bruxelles, aux cliniques Saint-Luc, les médecins qui travaillent dans les quartiers opératoires, les soins intensifs, la radiologie et les services techniques et informatiques bénéficient de la climatisation, mais «la chaleur frappe le personnel administratif» reconnaît-on.

Nouvelle construction au Chirec

Au Delta-Chirec, à Bruxelles, le nouvel hôpital est mieux armé que d’autres contre la chaleur comme l’explique Bernard Leleu, directeur opérationnel de l'hôpital: «Le principal problème pour un hôpital n’est pas de le chauffer mais de le refroidir. Nous devons empêcher la chaleur d’entrer. Lors de la construction, nous devions respecter des normes énergétiques très strictes. C’est un avantage pour combattre cette canicule. Nous avons un système de ventilation au sous-sol sur plusieurs milliers de mètres carrés et des blocs de pulsion-extraction d'air. Notre système de géothermie est utile pour refroidir. Les fenêtres des chambres des patients sont munies de stores qui se ferment automatiquement dès que les rayons du soleil frappent. Certains patients s’en plaignent d’ailleurs même si la chambre n’est pas complètement occultée.» Toutes ces mesures permettent aux médecins et au personnel administratif de travailler dans une température soutenable.

Des glaces en gériatrie

Au CHR Haute Senne, dans le Hainaut, plusieurs actions ont été mises en place comme «des mesures de ventilation pour les médecins et le personnel. Pour les patients, nous avons doublé les tournées d’eau et lorsque leur régime le permettait, on a offert des crèmes glacées dans le service de gériatrie.» Au centre hospitalier régional du Val de Sambre, «on a augmenté le nombre de ventilateurs et les bouteilles d’eau dans les services parce qu’il fait vraiment chaud.» détaille-t-on au service communication. «Les principaux services médicaux ont la climatisation.»

Mortalité en hausse

Actuellement, les autorités publiques n’ont pas encore fourni de chiffres officiels de décès liés à la canicule. Les journaux du groupe Sudpresse ont toutefois évoqué 10 à 15 % de décès supplémentaires en comptabilisant des chiffres provenant des pompes funèbres ces dernières semaines. Pour rappel, en 2015, lors de la vague de chaleur du 30 juin au 5 juillet, l'ISP avait constaté chez les plus de 85 ans un taux de mortalité supplémentaire de 33%. En 2010, durant la période du 1er avril  au 30 juin, 520 décès supplémentaires avaient été comptabilisés dans notre pays.

En attendant, la vague de chaleur ne va pas s’arrêter et les pics d’ozone s’accumulent. «Le seuil d’information pour l’ozone est dépassé dans 33 stations de mesure. La combinaison de pollution d’air, de températures tropicales et d’un temps ensoleillé expliquent ces fortes concentrations d’ozone» constate la cellule interrégionale de l’environnement (CELINE).

Nul doute que dans les jours et semaines à venir les médecins des hôpitaux vont suer pour soigner les personnes les plus accablées qui se présenteront dans leur service.

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