"L'incapacité de travail doit être assumée collectivement, par l'ensemble de la société. Il est essentiel de dépasser le discours qui tend à culpabiliser uniquement les personnes malades", réagit mardi la Mutualité chrétienne, au lendemain de l'annonce de l'accord budgétaire du gouvernement fédéral.
Le gouvernement ambitionne de remettre à l'emploi quelque 100.000 des 500.000 malades de longue durée d'ici 2029, une mesure doit permettre une économie de 2 milliards d'euros.
"Qui va donner du travail à ces 100.000 personnes? Aux plus de 55 ans qui sont en difficulté, aux personnes handicapées, aux nouveaux arrivants ayant des problèmes de santé, aux réfugiés, aux femmes au foyer sans diplôme qui souffrent d'une maladie chronique ? Et en outre: qui va payer tous ces salaires pour des personnes qui, souvent, ne répondent pas aux normes d'efficacité actuelles ?", s'interrroge Elise Derroitte, vice-présidente de la Mutualité.
"L'ambition de réintégration est bien entendu louable", reconnaît-elle. "Toutefois, la manière d'y parvenir demeure floue et manque de prise en compte des causes profondes de l'incapacité de travail : allongement des carrières, augmentation des troubles psychiques, absence d'emplois adaptés pour les personnes souffrant de problèmes de santé, et pression croissante sur les jeunes familles pour concilier vie professionnelle et vie familiale."
La lutte contre la fraude constitue une avancée, salue la Mutualité. "Mais nous exprimons nos inquiétudes quant à ses répercussions sur la perception de l'ensemble des personnes en incapacité de travail de longue durée. La grande majorité d'entre elles sont réellement malades ; les fraudeurs demeurent une minorité."
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