Les brasseurs belges s'opposent au slogan « L'alcool nuit à la santé »

Dans une lettre ouverte mise en ligne ce mercredi, les brasseurs dénoncent la façon dont le gouvernement mène sa lutte contre la consommation d'alcool. Ils déplorent la stigmatisation des buveurs modérés.

La fédération des brasseurs belges pointe plus particulièrement le projet d'arrêté royal approuvé fin mars. Le texte modifie entre autres le message d'avertissement sanitaire "l'abus d'alcool nuit à la santé" en "l'alcool nuit à la santé". 
Ce discours "ne fait plus aucune distinction entre l'abus et la consommation responsable", juge la fédération dans un communiqué. En adoptant l'arrêté royal, la Belgique "deviendrait l'un des premiers pays au monde où la bière serait explicitement désignée comme nocive".
"Alors que la France défend son vin comme un patrimoine culturel et que l'Italie protège fièrement son jambon de Parme, la Belgique choisit de montrer du doigt son propre patrimoine et sa fierté nationale. Comme s'il fallait désormais se justifier de partager une bière entre amis", peut-on lire dans cette lettre ouverte déjà signée par 1.500 personnes dont des responsables d'organisations patronales, des hommes politiques et des chefs cuisiniers.
Cette intensification de la lutte contre l'alcool intervient alors que la Belgique s'apprête à fêter, cet automne, le dixième anniversaire de l'inscription de la culture de la bière belge au patrimoine immatériel de l'Unesco. 
Les brasseurs affirment prendre part à la lutte contre la consommation abusive d'alcool, notamment en soutenant chaque année la campagne Bob. Le nombre de Belges qui boivent de l'alcool tous les jours a été divisé par deux en dix ans, passant de 14,2 à 7,7%, le niveau le plus bas depuis plus de vingt ans. "Il y a des résultats sur le terrain", martèle Krishan Maudgal, directeur des Brasseurs belges.
Ce dernier rappelle que le secteur qu'il défend pèse près de 7.000 emplois directs. Quelque 400 brasseries sont actives en Belgique et ont investi l'an dernier 213 millions d'euros. Les accises sur la bière ont rapporté plus de 170 millions d'euros à l'Etat.
Le projet d'arrêté royal est actuellement notifié aux États membres de l'Union européenne qui ont jusqu'au 30 septembre pour formuler des observations sur le texte.

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