Adoptez un étudiant en médecine : l'appel des généralistes de l'AGEF à leurs patients

Chaque année, des étudiants en médecine renoncent à effectuer leur stage dans l’arrondissement de Verviers, faute de solutions de logement accessibles. Une contrainte financière qui limite l’attractivité de la région et fragilise le renouvellement des médecins généralistes, à laquelle entend répondre l’initiative lancée par l’Association des Médecins Généralistes de l’Est Francophone de Belgique (AGEF).

Comment communiquer autrement sur les pénuries de médecins ? Comment attirer les jeunes médecins dans certaines communes ? L’Association des Médecins Généralistes de l’Est Francophone de Belgique (AGEF), réunissant tous les médecins généralistes qui exercent au sein de la partie francophone de l’arrondissement de Verviers, qui représente environ 250 membres actifs au sein de 24 communes, a osé une campagne d’un nouveau genre, parce que la situation est urgente : 35,6 % des médecins généralistes actifs dans l’arrondissement ont plus de 55 ans. Autrement dit, plus d’un tiers des généralistes pourraient cesser leur activité au cours de la prochaine décennie. « Nous devions trouver des solutions, amener des jeunes médecins dans une région où ils ne viendraient pas naturellement », explique le président de l’AGEF, l’Association des médecins généralistes de l’Est francophone, le Dr Michel Meuris.

Un accueil pour un stage

Pour lui, pour lutter contre cette pénurie, la mission est claire : « Nous voulons leur faire découvrir la réalité de notre métier dans une région magnifique, loin des clichés. Ici, ils peuvent toucher à tout : de la médecine urbaine à la médecine rurale ou semi-rurale, dans un cadre de vie exceptionnel. »

Aujourd’hui, l’AGEF.be estime à une dizaine seulement le nombre de médecins qui s’installent actuellement dans l’arrondissement. La pression est d’autant plus forte que la population continue d’augmenter : elle est passée de 285.214 habitants en 2015 à 291.525 habitants en 2025.

Une aide financière

Le constat qui sous-tend cette campagne est clair. Faute de moyens pour se loger quelques semaines, beaucoup ne peuvent pas choisir cette région. Les étudiants en médecine ne génèrent pas encore de revenus et paient déjà souvent un hébergement à proximité de leur faculté (Liège, Bruxelles, Namur…). Pour eux, payer un double loyer pour un stage de quelques semaines est tout simplement impossible. C’est dans cette réalité qu’est né le projet « J’adopte un étudiant ». L’appel est lancé à tous les habitants des communes. « Si vous avez une chambre d’ami libre et que vous êtes sensible à cette cause, vous pouvez devenir un maillon essentiel de notre santé locale. »

Un échange de services

Le projet ne parle pas de location classique mais d’une entraide citoyenne. Pour compenser les charges et l’accueil, il est proposé à l’étudiant en médecine non pas un loyer financier, mais un échange de services : l’étudiant participe à la vie du ménage à raison de maximum deux heures par semaine. Une entente sur mesure : que ce soit pour un coup de main en cuisine ou au jardin, pour les courses ou une aide informatique.

Un suivi sérieux

Dans ce partenariat, il est bien précisé que chaque projet d’accueil fait l’objet d’un suivi rigoureux pour s’assurer que les attentes de chacun sont respectées. Les citoyens de la région de Verviers intéressés peuvent remplir le formulaire de pré-inscription . Ils seront contactés pour analyser leurs disponibilités et organiser une visite afin de valider les modalités. Le message de la campagne est clair : « Ne laissons pas nos futurs médecins s’éloigner de nos communes faute de logement. Votre accueil peut faire toute la différence. »

Une campagne de communication qui pourrait susciter la curiosité d’autres communes, elles aussi confrontées à une certaine pénurie. Pour rappel, sur base du dernier cadastre officiel de l’Agence wallonne pour une vie de qualité (AViQ), sur les 252 communes wallonnes – toutes sauf les neuf communes germanophones –, 132 faisaient encore face à un manque de praticiens en 2024.

Il reste à présent aux futurs jeunes médecins à franchir le pas et à partir à la découverte d’une région qui n’attend qu’eux.

Lire aussi : Des étudiants en médecine “adoptés” le temps d’un stage par les habitants de la Province du Luxembourg.

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