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Congé maladie chez les indépendants : le MG pressenti pour un signal précoce aux OA

J.M. - Jeudi 18 mai 2017
J.M.

L'Union des classes moyennes (UCM) a sondé l’expérience qu’ont les travailleurs indépendants en matière d’assurance incapacité de travail, eux dont le recours aux indemnités est plus faible que celui des salariés. Les indépendants ne sont pas satisfaits du système actuel, et l’UCM se fait le porte-parole d’une série de propositions pour l’optimiser. Parmi d’autres pistes, le MG est pressenti pour envoyer un signal précoce aux OA.

Commanditée par l’Inami et conduite auprès des membres UCM/Unizo fin 2016, l’enquête se fonde sur les réponses de 1.524 personnes. Elle sonde e.a. la connaissance générale qu’ont les indépendants de la réglementation en matière d’assurance incapacité (ce à quoi ils ont droit, auprès de qui, avec quel impact sur les cotisations sociales ou la pension…). Il ressort clairement que, dans l’ensemble, les intéressés sont peu au courant de leurs droits.

L’enquête se penche par ailleurs sur la perception qu’ils ont de leur santé, la fréquence de leur consultation de professionnels de soins et leur réaction quand ils sont confrontés à la maladie ou à un accident (automédication, consultation, respect de la mise au repos…). Cet angle de recherche a épinglé leur indiscipline assumée face aux arrêts préconisés par le médecin. Seuls 4 petits pour cents des répondants déclarent qu’ils se conformeraient le cas échéant à une prescription d’arrêt de travail. Une écrasante majorité disent qu’ils reprendraient avant terme (85%). On ressent donc une forte tension entre impératifs de santé et obligations professionnelles.

La plupart du temps, ce retour (trop) hâtif au travail est motivé par les conséquences financières immédiates de l’arrêt maladie (à 48%), mais aussi la pression des clients – ou la peur d’en perdre (43%) – et par le fait de travailler seul (42%). En cas d’arrêt de plusieurs semaines, chez plus de 4 indépendants sur 10, les activités seraient entièrement stoppées ou suspendues, faute de pouvoir les déléguer.

Parmi les pistes proposées par l’UCM pour optimiser le régime actuel figure le fait de pallier le problème du mois de carence en doublant l'indemnité accordée au deuxième mois d'incapacité ainsi que la création d’un congé maladie à mi-temps, qui permette à l'indépendant handicapé par la maladie de combiner une activité réduite avec une demi-indemnité.

L’UCM suggère aussi d’examiner la possibilité que les MG envoient un signal vers l’OA « quand ils ont un indépendant en traitement qui va probablement se trouver en arrêt plus longtemps qu’un mois », histoire que des formalités liées à sa situation s’enclenchent dans les meilleurs délais.

> Plus de détails sur ce sujet dans le Medi-Sphere "papier" de ce jeudi 18 mai