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Burn-out : «Une double insulte au travail de la femme» (Dr Tania Moerenhout)

Jeudi 20 avril 2017

Dans notre dernière lettre d’information, le Dr Tom Eykerman évoquait la question du burn-out des médecins. L’une de ses réflexions a toutefois interpelé sa consœur Tania Moerenhout, généraliste à Halle, qui a tenu à réagir.

Dans la réaction de Tom Eykerman à la problématique du burn-out que vous publiez dans votre newsletter, on peut lire notamment que «par la féminisation de notre profession, les nouveaux médecins travaillent moins d’heures que leurs collègues masculins plus âgés qui se retirent».

C’est malheureusement une réflexion que j’ai régulièrement l’occasion d’entendre. Ceux qui la formulent oublient toutefois systématiquement que ces collègues masculins d’un certain âge avaient généralement une compagne ou épouse qui assumait à temps plein ou à temps partiel les obligations ménagères et familiales et qui, dans bien des cas, leur servait aussi de secrétaire. Je m’en tiens volontairement ici à la répartition classique des tâches (homme généraliste, femme conjoint aidant), parce que ce cas de figure était de loin le plus fréquent.

Dans les faits, ces médecins que l’on présente volontiers comme des généralistes solo exercent ou exerçaient donc souvent une activité en duo… et le fait que cette réalité ne soit pas reconnue est doublement insultant.

Insultant d’une part pour toutes les épouses qui ont, des années durant, permis à leurs maris d’exercer à temps plein leur fonction de généraliste. Insultant d’autre part pour la jeune génération de femmes médecins qui ne consacrent peut-être pas autant d’heures à leur cabinet, mais qui ont souvent aussi un conjoint qui travaille à temps plein et doivent donc assumer leur lot d’obligations ménagères et familiales… et que l’on culpabilise pourtant tant et plus en leur rappelant combien la vieille génération, essentiellement masculine, travaillait dur.

C’est un excellent exemple d’un préjugé sexiste basé sur une comparaison absolument inique entre passé et présent.

J’espère que cette analyse sera plus fréquemment prise en compte dans le nécessaire débat autour du burn-out des médecins – une discussion qui se justifie pleinement, mais qui doit être replacée dans son juste contexte!

Bien cordialement,

Tania Moerenhout
généraliste au cabinet de groupe
Het Bareeltje à Halle