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Après l’alcool, la viande

Dr Jacques Ninane - Lundi 20 mars 2017
Dr Jacques Ninane

La campagne «Tournée minérale» s’est terminée le 28 février et voilà qu’une nouvelle voit le jour: «40 jours sans viande»... Un défi lancé pour réduire l’empreinte écologique. Cette campagne, qui en est à sa sixième édition en Flandre, a été lancée cette année pour la première fois en Wallonie et à Bruxelles. Et si on réfléchissait et faisait réfléchir?

Quels sont les arguments «pour», selon les initiateurs du projet? La consommation de viande et de poisson a de graves conséquences sur l'empreinte écologique, non seulement à cause des gaz à effet de serre qui sont émis, mais aussi en raison de l'énorme consommation d'eau et de terre nécessaires à leur production. Par journée végétarienne, argumentent-ils, on économiserait 11 mètres carrés sur notre empreinte écologique, 1.500 litres d'eau (=12 bains) et 2 kilos de gaz à effet de serre (=12 kilomètres en voiture).

Quels sont les arguments «contre», selon les défenseurs du monde agricole? Les chiffres avancés, qui dénigrent la viande (surtout) bovine, sont ceux de l’OMS. Ils recouvrent une réalité agricole qui n’est pas celle de notre pays, mais bien celle des grands élevages bovins industriels organisés en feedlots en Amérique latine. De plus, le bétail permet de résister à la pression immobilière et maintient des prairies dans nos paysages.

La vérité est probablement entre ces deux positions extrêmes car, comme disait Talleyrand, «tout ce qui est excessif est insignifiant».

Alicia Corveleyn, la doyenne belge, qui a célébré ses 112 ans le 8 janvier 2017 et est décédée le 31 janvier, disait que le secret de sa longévité était de manger «une petite tartine à l'américain préparé chaque jour»...